05 octobre 2011

Madame de…Vilmorin

d’Annick Le Goff et Coralie Seyrig d’après les entretiens d’André Parinaud
Avec Coralie Seyrig
Sur la scène côté jardin un long fauteuil est recouvert d’un tissu avec fond azuréen et fleurs pour Versailles génération Louis Quinze. Le long  pan d’une demi-tenture aux motifs identiques descend des cintres et au centre du plateau un fauteuil pour enfant ou peut-être même pour poupée est recouvert d’un même tissu : notez qu’il ne sera jamais utilisé par la comédienne. Est-ce la part de rêve de la petite fille qu’a été et veut rester cette rebelle alias Louise de… ? A cour un piano devant une longue plante verte. Coralie Seyrig en gracieuse tunique soyeuse s’y installe pour nous y dédier des musiques dont elle sait que nous les aimerons.
« Ce qui me touche… ? » L’univers de Louise pudique ou ludique: ses amours, ses admirations pour des écrivains - Fénelon, Bossuet et Paul Féval - ses tendresses,  ses demi - tendresses et aussi ses doutes. « J’ai imaginé ma vie ». Mais cette vie-ci elle l’aime, peut-être parce que « ma mère avait énormément d’aplomb, et que « mon père…une merveille » était ce botaniste issu d’une très bonne famille. Elle sourit. Coralie est devenue Louise.
« Et puis des hommes sont entrés dans ma famille ». « J’ai passionnément aimé »…
Elle s’assoit, se rassoit dans son fauteuil bleu,  reprend sa longue cigarette dont la fumée est pour elle un parfum nécessaire qui le devient pour nous, chère et élégante grande grand-maman.
« Il me faut une heure pour m’habiller ». « Le bonheur ne m’a jamais intéressée ». « Je n’aime pas le  roman » … «  Ce qui me touche ? » Donc, ceux qui l’ont touchée… on en connaît la jolie liste. Installée dans son grand fauteuil, elle allume une bougie. « J’ai passionnément aimé »… Saint Exupéry, Jean Cocteau, et cet homme exquis, hongrois, qui a été son époux. « C’est par dépit que je me suis mariée ». Il y en eut bien d’autres et puis à l’âge mûr, ce sera Malraux.
« La vie a été bonne pour moi ». « J’aime  plaire ». « Tout ce que je fais vient de moi ». « Et puis j’ai écrit des livres ». « Donc, Madame de…est-ce que ça plaira ? » « Tout ce que je fais vient de mon imagination ».
Coralie va à son piano et nous retournons à nos  rêves.
Petit Montparnasse, du mardi au samedi à 19 h, matinée dimanche à 15 h
Réservations : 01 43 22 77 74 et résathéâtre : 0892 707 705