19 novembre 2011

Bal-Trap

de Xavier Durringer
Mise en scène d’Eve Weiss, avec Laurence Collard, Caroline Valmont, Letti Laubies et Anne de Rocquigny (en alternance) Christophe Petit et Ludovic Pinette (en alternance). Le musicien est Séverin Dupouy.
Un club de nuit, un musicien sur un mini-podium. Matin pour petite fin de partie ou peut-être le début d’une autre. Deux couples : jolies blondes et leurs partenaires respectifs qui savent que pour emballer une femme il faut d’abord la faire rire et qu’après on peut tout tenter et tout réussir. Donc Gino et Lulu, Bulle et Muso se seraient rencontrés comme par hasard et échangent des cigarettes, se mettent à raconter puis à se raconter. Ça s’emberlificote vite et joliment. Notez qu’on est à une époque où l’important est d’abord de « faire » l’amour quitte à ce que les femmes « tombent » enceintes. Décolletés vertigineux, shorts ravageurs mettant en valeur leurs cuisses pulpeuses, elles se redessinent la bouche avec un rouge à lèvres intempestif et évoquent fièrement leurs multi-avortements : quelle revanche ?
Précarité des échanges amoureux mais sexuellement indispensables : Hôtel Machin, chambre 53 ou même 54 ?
« Je t’aime, fous le camp ! », mais aussi : « Embrasse-moi ! ». Lui s’exécute mais Elle: «Pourquoi tu gardes les yeux ouverts ?»
Les nôtres restent écarquillés parce qu’Eve Weiss signe une mise en scène diaboliquement divine, cependant qu’un certain ‘lait de la tendresse humaine’ fait que Durringer nous attendrit. « Je t’aime, un peu, beaucoup, tendrement, passionnément, à la folie ». Lui et Elle -mais lesquels - une fois encore l’un contre l’autre. La lumière baisse. Et bingo ! c’est remarquablement bien joué.
Théâtre Les Déchargeurs à 20 heures, du mardi au samedi ; réservations : 08 92 70 12 28