03 novembre 2011

Journal d’un curé de campagne

de Georges Bernanos
Adapté et joué par Maxime d’Aboville
Tentures noires, au centre de celle du fond un crucifix. A jardin une table vieillotte avec dessus un bougeoir et sa bougie. Derrière : un siège que le comédien déplacera jusqu’au centre de la scène. A cour un prie-Dieu. Mais si ce décor dans lequel évolue Maxime d’Aboville est minimaliste c’est tant mieux car ce sont sa silhouette autant que sa voix jeune, mélodieuse mais fragile aux intonations claires qui vous vont vibrer. Sa respiration devenue difficile le rend pathétique ; son regard, ses gestes sont courts ; il a des tics, crispe ses mains sur un mouchoir dont il se sert de plus en plus fréquemment. Jeune homme pudique puisque formaté au séminaire, il est très atteint par la maladie dont il sait qu’elle va l’emporter vite.
Ce jeune curé au « triste visage jaune » a décidé de « noter au jour le jour, avec une franchise absolue, les très humbles, les insignifiants secrets d’une vie d’ailleurs sans mystère » soit ce qu’il « confie au Bon Dieu presque chaque matin sans honte ». Il finira par sourire avant de mourir après sa traversée. Mais quelle traversée, et que fut-elle ?
Nous sommes dans le nord de la France et le jeune abbé a avoué que sa paroisse était « dévorée par l’ennui ». Bien sûr des notables devraient l’aider : sa situation financière comme celle de tous les membres du clergé est plus que précaire, mais Jésus est né dans une étable, n’est-ce pas ? Monsieur le Comte et son épouse pourraient - devraient - le soutenir, mais rien n’est vraiment simple dans cet Artois profond. Notre jeune curé a d’autres vrais amis, prêtres côtoyés dans son enfance, vivants ou non. Cependant Madame la Comtesse qu’il veut ramener à la vraie foi car le salut de son âme en dépend, meurt trop vite. Mais alors le bien et le mal ? « La réflexion est un alibi par rapport à la prière »… et puis « tout est grâce ».
La chandelle qu’il a allumée brûle fidèlement, des noirs ont mis fin aux épisodes voulus par Bernanos, mais le jeune homme s’est éteint et le comédien nous lit sa dernière lettre…
Ce spectacle, Dieu merci, est repris une fois encore à Paris.
Théâtre La Bruyère, dimanche à 16 h et lundi à 19 heures jusqu’au 16 janvier.
Réservation : 01 48 74 76 99