03 novembre 2011

L’apprentie sage-femme

d’après Karen Cushman
Adaptation Philippe Crubézy, mise en scène Philippe Prader
Interprétation Nathalie Bécue
La Morveuse est une adolescente qui a perdu ses parents, c’est-à-dire ses moyens et même aussi ses raisons de vivre. Elle erre à la recherche mais de qui ou de quoi ? Une femme, la Pointue, la recueille et la surnomme Cafard. Termes crus, qualificatifs agressifs, langue étrange dans une traduction qui dérange. Très vite la comédienne seule en scène raconte et résume, puis devient tous les personnages auxquels elle a été confrontée. Elle se démène, arpentant généreusement la scène de ce Paradis qu’elle transforme un peu en salle de gymnastique.
Donc la Pointue va permettre à sa recrue d’être une sous-sage-femme retroussant ses manches pour extirper de la femme - à son corps parfois défendant - « poussez, poussez, poussez ! » hurle-t-elle… ce petit amour de jolie chair fraîche dont les vagissements viennent faire écho aux hurlements de la parturiente.
« Sssavez… » est le tic récurrent qui permet à la comédienne de mettre et re-mettre son public dans la confidence. La voilà qui se met à nous confier l’histoire d’une vache vêlant avec pour bilan deux veaux sortis pattes les premières.
Mais en toile de fond il y a le village « où j’aimais bien vivre » avec ses senteurs pas toujours ragoûtantes, ses paysages dignes de peintres impressionnistes ou pas, mais aimés ; un village qui veille sur elle et sur nous aussi. L’écriture de Karen Cushman (et sa bonne traduction) colorée, charnelle plus que sensuelle, nous sidère comme le fait une fois de plus Nathalie Bécue.
Théâtre du Lucernaire
, salle le Paradis, jusqu’au 31 décembre.
Du mardi au samedi à 19 heures. Réservations : 01 45 48 91 10