26 novembre 2011

Le Horla

de Guy de Maupassant
Interprétation, mise en scène et dispositif scénique de Jérémie Le Louët
Dans la capitale se donnent actuellement deux Horla: l’un rive droite, l’autre rive gauche. Cela vous séduira puisque la nouvelle de Maupassant devenue pièce de théâtre destinée à nous faire « passer plus d’un frisson dans le dos » selon l’auteur est l’histoire de cet homme qui pense être devenu fou quand il découvre qu’un être immatériel et fantomatique a investi son existence, faisant de lui un personnage double ou dédoublé. Celui qu’il nomme le Horla, grignotant son univers, le guette sous son toit. Quand pour raser son brin de barbe matinale il se regarde dans un miroir il est seul, mais celui qui le hante fait que pour survivre, il s’est mis à tenir un journal où il nous livre jour après jour les ultimatums de cet être-là. Sur le plateau Jérémie Le Louët a installé des objets-gadgets anecdotiques qu’il manipule et déclanche. Les lumières clignotent et s’affolent, des bruits atroces de bombardements vous secouent: de quoi vous rendre sourd à vie. Des voix- off intempestives sont souvent plus off que off. Le comédien à la présence troublante et aux yeux énormes (hors normes ?) les utilise professionnellement. Il se donne à fond. Et que dire de la petite sueur coulant sur sa joue droite à son mi-parcours ? Nous dédiant les musiques qu’il aime, il chante avec elles. Puis tout se débande avec des comptes à rebours à régler d’urgence pour ne pas re-basculer…sculer…sculer..sculer. Des bruits de plus en plus tonitruants et puis l’inévitable incendie final Victime du Horla, le manipulateur-manipulé soupire: « Comme ce fut long ! ». Mais cette folie-là ne dure qu’une heure dont vous émergerez en titubant.
Théâtre Mouffetard, du mercredi au samedi à 19 heures. Réservations : 01 43 31 11 99