19 janvier 2012

Le premier

d’Israël Horovitz
Adaptation et traduction de Claude Roy, mise en scène de Léa Marie-Saint Germain, joué par
les comédiens de la Compagnie des Aléas.
Une ligne blanche genre large bande de scotch est collée à l’avant de la scène. Derrière, en diagonale, quatre jeunes gens et une jeune femme tentent de passer devant celui ou celle d’avant, sortes des chevaux libérés de leurs starting-blocks ou encore ces élèves zélés qui autrefois, lorsque le maître (ou la maîtresse) posait une question pour voir s’ils avaient « suivi », levaient frénétiquement le doigt et criaient « preum’s » !
Ces comédiens pharamineux jouent des caractériels, foutraques, sur un rythme endiablé - puisqu’il est probablement bon qu’un démon soit là. Léa Marie-Saint Germain et sa troupe ont une énergie divinement ravageuse. La dame en rouge et vert aux cheveux sagement enchignonnés et boucles d’oreilles distinguées, mais qui pourrait être aussi une… se fait refiler comme un ballon de volley par ces messieurs déchaînés. Mais la musique de Mozart est là, suave et divine puisque pour Horovitz lui seul est le premier.
La fin ? Ils sont maintenant alignés face à nous, la ligne blanche et plastique a été découpée en cinq morceaux, on ne vous dira surtout pas comment parce que c’est une performance plus que surréaliste. Eugène Ionesco revendiquait une certaine paternité d’Horovitz, mais pour nous ce serait tout aussi bien ‘inverse-réciproque’ et sans la moindre récupération.

Les Déchargeurs, les lundis à 21 h 15, jusqu’au 27 février. Réservations : 01 42 36 70 56 et lepolepresse@gmail.com