20 janvier 2012

Phèdre

de Racine
Mise en scène : Ophélia Teillaud et Marc Zammit
Scène nue, pas de décor, aucun accessoire, seuls des carrés de lumières blanches rejoints par d’autres colorées avec trajectoires élaborées. Les actes se concluent par des bruits effroyables, apocalyptiques, à s’en boucher les oreilles. Mais on est au royaume des dieux d’un Olympe impitoyable. Des costumes simples d’une grande beauté (un brin nipponne) mettent en valeur les corps des quatre comédiennes. Tour à tout hiératiques et frénétiques, elles décrètent être hallucinées par des passions charnelles. On aimerait les croire. Le parti-pris de mise en scène mais d’abord la façon de nous dédier les vers de Racine choisie par Ophélia Teillaud et Marc Zammit est aussi rationnelle que redoutable: les voix et les mots claquent. Mais alors tendresse, émotion, et cette fragilité de nous autres qui sommes et voulons demeurer humains, Racine ne s’en serait-il donc jamais soucié ?
Théâtre Mouffetard, jusqu’au 25 février, du mercredi au vendredi à 20h30, samedi à 17 h et 21h, dimanche à 15h. Réservations : 01 43 31 11 99 et www.theatremouffetard.com