26 février 2012

La salle des profs

de Samia Webre, mise en scène de Samy Berry,
avec Alysson Paradis, Yannik Mazzilli et Audrey Garcia
L’auteur, elle-même enseignante, s’en donne à cœur joie, ne réglant pas ses comptes, mais nous faisant pénétrer nous autres ex ou futurs parents d’élèves dans cette salle forcément trop petite - les finances du ministère ou de la ville ne permettant pas d’envisager un local plus vaste. Va pour la mini salle avec large table, tableau où on plaque les notes de service et où les collègues affichent des tracts du syndicat auquel il est urgent d’adhérer et les inévitables casiers-boites à lettres superposés, genre cage à lapins. Un ordinateur dont on n’est pas sûr que tous en connaissent le maniement, est sur la petite table à gauche. Sonneries intempestives et régulières de fin de cours à vous faire sauter en l’air et devenir sourd prématurément. Ils sont trois : une prof mince bien droite, Audrey Garcia, à chignon et grosses lunettes, style un peu « coincée » parce qu’avec principes, mais à l’autorité qu’elle croit ou prétend naturelle ; un professeur d’éducation physique en short à la stature et à l’énergie impressionnantes, Yannik Mazzilli qui sautille et ne cesse de jouer avec ses balles de tennis, plein humour et d’un optimisme vrai ou feint ; et puis Alysson Paradis: ravissante débutante alias stagiaire sexy dont on ne comprend pas pourquoi elle envisage une pareille carrière, à moins qu’enfant prolongée, elle veuille rester parmi ses anciens copains et copines, même si elle a quelques petites longueurs d’avance sur eux.
On retrouve le trio et ses relations du genre imbroglios (forcément avec le colosse dominant si positif faisant vibrer le décor à chaque fois qu’il ouvre ou ferme la porte donnant sur la coulisse), jusqu’à la veille des vacances, quand ouf ! « l’école est finie ».
Bien meilleur que du très bon café-théâtre, même s’il en adopte le rythme des sketches, les jeux de lumières, les musiques et autres effets sonores, et les costumes ou déguisements qu’on ne compte plus, ce spectacle ravit. Même si on se dit que tout pourrait aller plus loin encore si les commentaires et interrogations alias remontrances et insolences des collégiens – particulièrement ceux de la Quatrième 4 – en voix off étaient aussi virulents et provocateurs que dans la vraie vie. Mais alors vous ne pourriez pas emmener vos enfants et petits-enfants à ce spectacle: il serait regrettable de vous livrer à une fastidieuse explication de texte avant la forcément bonne rentrée prochaine.

Théâtre de l’Archipel
, jeudi, vendredi, samedi à 20 heures. Réservations 01 48 00 04 05.