23 février 2012

Rose

de Martin Sherman
Traduction Perrine Moran et Laurent Sillan.
Avec Judith Magre, mise en scène de Thierry Harcourt.
La pièce originale dure plus de deux heures, mais dans la version proposée par Thierry Harcourt, Judith Magre n’est en scène que pendant un peu plus d’une heure. Le décor se réduit à ce mince panneau rouge côté cour et au grand banc central sur lequel elle est assise. Elle ne se lève que peu de fois, le contourne avant de s’y rasseoir tout en se remettant à nous dire la vie de cette femme ashkénaze débordante de vitalité et amoureuse éperdue de l’existence - comme de ses partenaires hommes - aussi généreuse que pleine d’un humour virulent et d’un désir ravageur d’observer ceux qui l’entourent. Elle vibre en permanence. A la sortie de son ghetto d’Europe de l’Est elle se retrouve à bord de l’Exodus, assiste à la création de l’Etat d’Israël puis atterrit à Miami, dans cet autre Etat multi-Etats que tant de ses congénères ont voulu être leur nouvelle terre forcément promise. Elle ne cesse de dénoncer les crimes commis au nom de nations stupidement nombrilistes. La musique d’Eric Slabiake est aussi évocatrice qu’amicale, les lumières de Rouveyrollis sont sobres, le jeu de Judith Magre à la présence et aux yeux envoûtants l’est tout autant. On ferme les nôtres et on écoute : ce pourrait n’être qu’une pièce radiophonique pour station du genre Culture-France-quelque chose. Mais aux saluts, à l’avant-scène, Judith Magre sourit largement. On se dit que ce spectacle est recommandable aux lycéens en classe de terminale soucieux de réviser leur histoire d’un siècle d’avant-avant... C’est gagné pour eux !

La Pépinière théâtre, du mardi au samedi à 19 heures, le dimanche à 15 heures.Réservations : 01 42 61 44 16