05 mars 2012

La Rimb, le destin secret d’Arthur Rimbaud

D’après le texte de Xavier Grall.
Mise en scène Jean-Noël Dahan, jeu Martine Vandeville.
La salle du Paradis est envahie des fumées intempestives. On pense enfer ou, allez, seulement purgatoire. Lumières pléthoriques – cinquante projecteurs – puis vers la fin quelques autres très bleues. On ne découvre que petit à petit la comédienne assise, les pieds dans une cuvette d’abord puis marchant sur les vingt-huit lattes de bois qu’elle fait trembloter l’une après l’autre. Vitalie parle de son fils Arthur : « Il était grand, fort, beau ». Mais après sa rencontre avec Verlaine « cette vermine »… « Deux poètes ensemble ne peuvent faire que des bêtises ». Bruits bizarres, le lustre de cristal côté cour descend brutalement et sera au sol en trois temps… « Les catastrophes de la guerre ». Elle s’est levée ; on aperçoit un long fusil calé contre sa chaise et puis soudain courbée, elle gémit : sa sciatique. « Je ne suis qu’une paysanne ». Elle est seule dans sa ferme et âgée de…
« Ne jugez pas sa mère, ne jugez pas un écrivain…Arthur veut être respecté…Et si j’étais jalouse de mon enfant ? Etre la mère d’un poète c’est un drôle de métier. A quoi ça sert la poésie ? A rien, à moins que rien ! ». Mais elle est sûre que son fils à Chypre probablement  « reviendra, il épousera une fille ». Elle se livre à un sorte d’examen de conscience – l’auteur connaît – se demandant si elle a été la mère qu’il attendait. Suit le récit des derniers mois de son fils, veillé par Isabelle sa sœur, mais qui avait « échappé à la corruption ».
1891 : Arthur n’est plus. « J’ai fait ce que j’ai pu »… « Il fallait qu’il s’en aille ».
Vitalie s’en va. Et nous sortons fascinés par la performance et la générosité de la comédienne, la richesse de la mise en scène d’une pièce destinée à mettre mal à l’aise des parents qui, leur enfant disparu, s’imaginent ne l’avoir pas aimé vraiment et suffisamment.
Mea maxima culpa !
Théâtre du Lucernaire, salle « Le Paradis » jusqu’au 21 avril 2012, du mardi au samedi à 19 heures. Réservation : 01 45 48 91 10.
A Lyon, théâtre des Célestins, salle « Célestine » du 24 avril au 5 mai 2012 à 20h30, le dimanche à 16h30. Réservation : 04 72 77 40 00.