06 avril 2012

Antigone, de Sophocle

Traduction Jean et Mayotte Bollack. Mise en scène Olivier Broda. Le plateau n’est occupé que par deux structures de bois horizontales en pentes inversées, posées l’une derrière l’autre : au centre un arbre du genre dragon stylisé est maintenu par des lanières. Sous des lumières aux couleurs aussi vives et cardinales que leurs costumes sont noirs ou blancs les comédiens sont très charnels. Revêtu de rouge seul Créon tranche royalement. Ils sont sept dont trois jouent une petite dizaine de personnages. Les femmes sensuelles et touchantes aux longs cheveux peuvent devenir des hommes énigmatiques réfugiés dans des tenues encapuchonnées. Un de leurs deux partenaires masculins devient également Ismène, sœur aînée d’Antigone, si différente de celle qui veut révolutionner le monde dans lequel elle a échoué. Elle en veut à ces dieux devant lesquels elle refuse de s’incliner puisque pour elle, la mort vaut mieux qu’une soumission forcément veule.Outre la sobriété de la mise en scène, de la distribution et du jeu de tous, le plaisir qu’ils nous donnent est dû à la partition musicale (Maëlle Dequiedt au violoncelle) tonique et chantée, autant qu’au parti pris de prendre du recul par rapport aux mots souverains devenus exemplaires : ceux d’un Créon d’abord grandiloquent puis pathétique (Alain Macé) finalement terrassé parce qu’il a vécu en marge de son existence. Après la remarquable Antigone, mise en scène de Adel Hakim, jouée par les acteurs du Théâtre National Palestinien au Théâtre des Quartiers d’Ivry et qui est actuellement en tournée, emmenez vos amis découvrir celle qui se donne à Paris.
Vingtième Théâtre, jusqu’au 6 mai, du mercredi au samedi à 19h30, le dimanche à 15 heures. Réservations : 01 48 65 97 90