12 avril 2012

Electre, de Giraudoux,

Mise en scène Geneviève Brunet et Odile Mallet
C’est un long parcours que celui qui nous mène après toutes sortes d’atrocités avec innocents qui s’entretuent et coupables qui agonisent, à ce « coin du jour qui se lève » et qui « s’appelle l’aurore ». Electre (la brillante) a fait la lumière sur tout, découvert et révélé les scélératesses des membres de sa famille. Surdouée plus qu’orgueilleuse et possessive, elle collectionne les réussites, mais que peut-elle faire contre toutes sortes de malédictions, et d’abord cette haine qu’elle éprouve pour sa génitrice, femme qui dit haïr les hommes, tous égocentriques parce qu’à la recherche perpétuelle du pouvoir, mais aussi assez répugnants dans l’intimité. Giraudoux avec autant d’astuce que de férocité, sa poésie intemporelle regorgeant de bon sens, a convoqué des personnages auxquels il confie des monologues qui font re-décoller (comme si c’était nécessaire) sa pièce régulièrement ; cette gageure sidère.
Ce qui séduit dans une mise en scène sobre, outre l’absence de décors - seules une table nappée et quelques chaises en plastique - c’est l’utilisation de ce lieu étrange aux murs noirs, de ses escaliers, ses niveaux divers et ses portes plus ou moins dérobées. Et surtout le choix et le jeu des comédiens : les plus jeunes sont gracieux et bondissants, leurs voix et leurs regards questionnent puis réconfortent. Les autres sont troublants également, mettant les premiers et le public à l’aise, puis mal à l’aise, le désarçonnant en permanence. On leur en sait gré.
Théâtre du Nord-Ouest, dans le cadre de l’intégrale Giraudoux jusqu’au 30 septembre. Dates et réservations : 01 47 70 32 75 et www.theatredunordouest.com