26 avril 2012

Hernani, de Victor Hugo

Mise en scène de Margaux Eskenazi
Ce soir-là les jeunes spectateurs ont applaudi à tout rompre et on n’a pas pu compter les rappels, tandis que d’autres sortaient l’air perplexe de ce spectacle percutant à tous les égards. Lesquelles de ses qualités faut-il citer pour vous convaincre de voir ou revoir cette pièce… outre l’audace de l’écrivain âgé alors de vingt-huit ans et dont la maîtrise de la langue, la perception de la magie des mots, des phrases, des rythmes étaient déjà inégalables et que toutes sortes de certitudes habitaient ou hantaient déjà ?
Deux comédiennes et trois jeunes comédiens tous plus qu’habiles et généreux bondissent sur la scène, escaladent des chaises, des fauteuils ou des échelles, remuent des tables, déroulent et ré-enroulent des tapis symboliques ; certains sortent d’un mince coffre-fort lequel, une fois à terre, deviendra catafalque cependant que chaque syllabe de leur partition nous remue. Doña Sol, (Laure Grandbesançon) si charnelle et attendrissante, dans des robes à falbalas et colliers ruisselants, fait en sorte que s’efface le souvenir de ces hiératiques sociétaires de théâtre nationaux, bien intentionnées peut-être, mais qui n’avaient rien compris au film.
Théâtre de Belleville, jusqu’au 3 juin, du mercredi au samedi à 21 heures, dimanche à 17 heures. Réservations : 01 48 06 72 34