15 avril 2012

L’amant, de Harold Pinter

Traduction de Gérard Watkins
Mise en scène Alexandra Dadier, avec Laurent Schteiner et Fabienne Alice Dubois.
Richard et Sarah : Lui sourire satisfait, en complet sombre, chemise blanche et cravate, quelque part sa mallette. Elle, sexy, en robe noire et chic. Avec parfois une plante verte à la main qu’ils se refilent ou pas, ils se font face assis sur des tabourets de plastique rouge.
« Qu’as-tu fait cet après-midi ? » Est-ce lui ou elle qui pose la question, mais c’est lui qui avoue vite : « Je suis très lié avec une putain » et encore « Ce que je recherche chez la femme ? » … « Une femme que je puisse respecter ». Toc-toc, bruit d’horloge. Elle a un amant : « Il est très amoureux ». Lui : « Est-il marié ? » … « Tu n’es pas jaloux ? »… « Tu n’es pas jalouse ? » Travers du mariage, les habitudes et l’ennui engendrés : un couple s’invente une vie-bis pour se redonner des frissons, et repartir à… presque zéro. Tangos ravageurs, ils ont changé de tenues : elle est en déshabillé de satin rouge et pieds nus, lui n’a plus sa veste non plus que sa cravate ; par terre un tissu-tapis couleur sang convoque une atmosphère incandescente. Ils tanguent. « J’attends mon mari ». Il lui fait des compliments sur sa beauté. Elle dit alors avoir « fait de la salade », et parle d’un bœuf bourguignon imminent. Cette sorte de messe avec exorcisme ayant été dite ils se rhabillent : « Ton amant »… « Ta putain ». Au final cela donne, Lui à Elle : « ma merveilleuse putain ! » Tout peut alors rentrer dans un certain ordre. La mise en scène et en espace, les jeux de tabourets, les déplacements, les étreintes chorégraphiées des partenaires, les rythmes de cette pièce qui ne dure qu’une heure mais fait voyager plus utilement que d’autres plus longues, sont servis par deux comédiens dérangeants sur la scène d’un petit théâtre séduisant.
Aktéon Théâtre, jusqu’au 2 juin, vendredi et samedi à 21h30.
Réservations : 01 43 38 74 62 et www.akteon.fr