20 avril 2012

L’homme de paille de Georges Feydeau

Mise en scène de Lionel Fernandez avec Jean-Adrien Espiasse et Günther Van Severen.
Un homme de paille est certes une « personne servant de prête-nom pour une affaire douteuse » mais ici ils sont deux : Farlane et Salmèque. La dame que ce dernier a l’intention d’épouser : cette « grande Marie », ancienne balayeuse mais peut-être chef de parti politique à inventer, est absente. Les compères se rencontrent et font mine de croire que l’autre est une femme. Ils se prennent réciproquement pour Marie « ma Marie » versus « mon mari » mais aussi « Lui c’est elle et vous c’est vous ». Tout a basculé dans l’absurde et le bon sens ne pourra jamais plus émerger. Les pseudo aphorismes (« le mari n’est qu’un moyen »), jeux de mots rocambolesques, séquences de propos tenus avec des accents hilarants (côté Belgique et Canebière), comptes avec chiffres qui dérapent, mais aussi l’évocation du mariage, du divorce, de la polygamie, de la sacro-sainte liberté-égalité-fraternité, sont ponctués d’apartés : «Où sommes nous ?», «Il n’y a pas moyen de lui faire comprendre», «Plus je la regarde, plus je la trouve épouvantable.»
Les partenaires se jettent sur le canapé central, manient frénétiquement le balai ou polissent les murs avec fureur, tombent à la renverse, se marchent sur les pieds comme des sales gamins. Les spectateurs sont ravis et la fin de ce canular signé par un auteur alors âgé de vingt-deux ans, joué par deux comédiens joliment remuants, parfaitement convaincants, arrive trop vite.
Donné au Théâtre du Nord-Ouest en 2011, ce spectacle vient d’être joué au Théo Théâtre ce printemps 2012. Guettez ses reprises.