02 avril 2012

Noir, rouge, or, de Jacques-Yves Henry

Au jardin une espèce de tabouret-pouf en cuir et, face à nous, un jeune personnage avec croix gammée sur sa manche : un suspense familial s’installe quand il nous prévient qu’il va évoquer son fils, puis son petit-fils. Des voix de femmes, épouses ou mères chevrotent joliment. A la une, un jeune homme très droit est du genre « ein, zwei ! » nazisme triomphant et brut oblige. A la deux, son rejeton est devenu communiste. A la trois, muni de lunettes, hommes d’affaires dont les rapports à l’argent sont la première préoccupation, le fils du fils avoue son attirance pour les hommes et épilogue presque. Jacques-Yves Henry dans une note d’intention avoue leur faire raconter son histoire personnelle et évoque les réelles « époques allemandes » de sa vie : il nous dit ses engagements et ses doutes perpétuellement renouvelables. Musiques et chants. Donc que signifieraient héroïsme, honnêteté et responsabilités, particulièrement quand on a décidé d’exercer une fonction dite publique ? Cela a toujours été ‘de saison’, avouez que ce l’est plus encore de notre côté du Rhin en ce printemps ! L’équipe de la Manufacture des Abbesses a un engagement multi azimuts et sa programmation est de qualité ; c’est la raison pour laquelle Jacques-Yves Henry a souhaité être joué chez eux. Mais surtout nous lui savons gré d’avoir recruté Sven Gippa, comédien bouleversant et qui évoluant dans un monde plutôt infernal, évoque et convoque une vraie jeune pureté.
Manufacture des Abbesses, du mardi au dimanche à 19 heures. Réservations : 01 42 33 42 03