24 avril 2012

Ondine, de Giraudoux

D’après le conte de Friedrich de la Motte Fouquié (1777-1843)
Mise en scène : Diane de Segonzac
Giraudoux aime les pièces à rebondissements, avec personnages aussi attachants que dérangeants. Ondine est la plus imprévisible et la plus hallucinante de ses héroïnes. Cette extra-terrestre, obéissant au roi des Ondins, sera responsable de la mort du chevalier Hans dont elle s’est éprise avant même de croiser son regard si ce dernier la trahissait. Il invoque leur couple à venir : Ondine et Hans, elle rétorque: « Oh non ! Hans d’abord. C’est le garçon, il passe le premier. Il commande…Ondine est la fille…Elle est un pas en arrière… Elle se tait. ». Or Hans avait promis d’épouser la noble Bertha, mais Ondine rencontrant Bertram lui demande « Quel est votre nom, ô vous qui me trouvez charmante ! ». La parole donnée, les promesses tenues ou non mais surtout les vrais sentiments qui lient les êtres, voilà une fois encore ce qui compte pour l’auteur, même si cette fois le nombre de personnages autour des couples principaux est impressionnant : chambellan, illusionniste, surintendant, juges et la suite. A la création de la pièce en 1939 trente-six comédiens ont arpenté les planches. Non pour créer une simple diversion mais bien plutôt pour dire les problèmes majeurs de la société vacillante d’alors où tout allait être remis en question. Diane de Segonzac fait très habilement évoluer ses comédiens aux tenues somptueuses dans ce lieu unique : la Salle Laborey du Théâtre du Nord-Ouest. Elle a voulu que l’une de ses interprètes chantant a cappella très sensuellement dans le noir convoque toutes sortes d’envoûtements. Servie par son équipe de douze comédiens, elle a partie gagnée.
Théâtre du Nord-Ouest, dans le cadre de l’intégrale Giraudoux jusqu’au 31 décembre. Dates et réservations : 01 47 70 32 75 et www. theatredunordouest.com