21 mai 2012

Eloge de l’oisiveté, de Dominique Rongvaux

D’après Bertrand Russell.
Mise en scène Véronique Dumont, avec Dominique Rongvaux.
« Work is worship » dicton anglais aux accents moralisateurs - avouez le - puisque traduisible par « le travail est une façon de rendre grâce », a le mérite d’être court. Mais l’oisiveté n’évoque-t-elle pas du laisser-aller, un ou plusieurs gâchis et autres sabordages ? L’énergie permanente et non dosée serait-elle la seule vraie règle de vie ?
Le comédien belge est originaire de ces régions où est né probablement ce surréalisme qui nous a libérés de la sacro-sainte logique et où la vraie poésie, authentique fantaisie, nous a désamputés de beaucoup d’impératifs, faisant dire à Russell : « Sans une somme considérable de loisir à sa disposition, un homme n’a pas accès à la plupart des meilleures choses de la vie ».
Le loisir c’est donc se consacrer à la culture laquelle passe forcément par la lecture et la découverte de ces êtres, artistes ayant fait fructifier leurs dons et qui sont devenus nos meilleurs amis.
Dominique Rongvaux sera vite devenu l’un des vôtres. Comédien à la présence dense, amoureux des mots et des phrases, facétieux quand il quitte l’auteur pour digresser et raconter à demi un métier qu’il a exercé et citer un autre auteur qu’il aime tant ; rigolo quand il arbore un sombrero, élégant et superbe de toute façon dans son sombre costume trois pièces à légères rayures blanches dont il ôte la veste pour laborieusement relever les manches de la chemise. Chacun de ses mots, chacune de ses fausses pauses inspirées bref tout ce qu’il dit, fascine. Et cela nous console de ce que nous assenaient trop de professeurs, raconteurs parfois maladroits. Cette réussite est à aimer au Théâtre de Belleville.
Jusqu’au dimanche 1er juillet, du mardi au samedi à 19 heures et le dimanche à 15 heures.
Réservations : 01 48 06 72 34