18 juin 2012

Peggy Guggenheim, femme face à son miroir

de Lanie Robertson, mise en scène et scénographie de Christophe Lidon avec Stéphanie Bataille.
La pièce jouée à La Huchette puis au Petit Louvre d’Avignon-off est  redonnée dans un théâtre parisien à la programmation exigeante. Une comédienne détonante incarne une chargée de mission colossale : faire acheter des ‘œuvres’ d’art, mais par qui?  Et l’art dans tout ça ? Bien sûr des dons que certains qualifieraient de divins mais aussi le travail, ce bourreau de l’artiste. Quitte à ce que son engagement ait des conséquences redoutables dans sa vie dite privée… mais privée de quoi ? Puisque l’argent devenu le premier maître y ruisselle. Stéphanie le sait, qui  fait mine de s’en moquer. Sous une perruque qui la fait ressembler à la vraie Peggy laquelle déçue de l’image que lui envoyait son miroir avait voulu se refaire-faire un nez qu’elle ne trouvait pas gracieux, résultat : ratage intégral… pardon pour  une anecdote qui nous a fait rire mais Peggy était comme ça.  Pieds nus, Stéphanie bouge dans une robe désopilante qu’elle assortit en fin de parcours d’un collier plus qu’énorme. La scénographie avec trouvailles, joliesses et séquences oniriques sur d’étonnants écrans, est séduisante; et que dire aussi de l’évocation d’une Venise qui vous a fait pleurer de bonheur le jour où vous l’avez découverte ?  Peggy Guggenheim a permis qu’y soit créé le remarquable musée qui porte son nom et Stéphanie  Bataille est une comédienne rare.
Théâtre du Petit Montparnasse, du mardi au samedi à 19 heures, matinée le dimanche  à 15 heures. Location : 01 43 22 77 74