10 juillet 2012

Huis clos, de Jean-Paul Sartre

Mise en scène : Isabelle Ehrart
Avec Stéphane Armilhon, Gérard Cheylus, Isabelle Ehrart et Alicia Roda
Souvenirs du lycée où vous avez fréquenté Sartre… mais si vous avez déjà vu un Huis Clos monté sèchement style ancienne Comédie Française vous hésitez peut-être à aller retrouver cette pièce à l’Aktéon - même si vous aimez ce théâtre à la programmation de qualité. Vous avez tort.
Les comédiens prennent leur partition et leurs personnages à bras le corps dans une mise en scène simple et charnelle dont on comprend qu’elle est due à une vraie femme, mais pas une simple féministe, et vous redécouvrez un auteur à peine quadragénaire à la générosité non feinte. Bien sûr « l’enfer c’est les autres », mais vous savez parfaitement que « l’enfer c’est d’abord nous-mêmes, et nous n’avons nul droit de l’infliger à nos partenaires choisis ou pas. »
L’espace scénique réduit est parfaitement utilisé, les canapés sont devenus des coffres modestes recouverts de tissus genre ‘d’occasion’. Les costumes ? une veste de cuir noir et un pantalon fatigué pour Garcin (Stéphane Armilhon) l’homme de lettres donneur de leçons mais ex-déserteur ; une robe gracieuse avec ceinture et chaussures dorées pour Estelle (Alicia Roda) cette jeune bourgeoise infanticide. Inès (Isabelle Ehrart) la femme-à-femmes qui sait que le diable l’attend a une tenue noire pour prof en salle de gym. Mais les deux comédiennes finissent par dénouer leurs cheveux : symbole et geste tendre, elles deviennent alors naturelles et sensuelles sans jamais en faire trop. Le si charnel Armilhon-Garcin a une présence étonnante. Quant à Gérard Cheylus, garçon d’étage hiératique qui détient la clef de la prison dont finalement aucun ne voudra sortir, avec ses cheveux blancs et son regard de patriarche, il est redoutable.
Aktéon, 11 rue du Général Blaise, Paris 11ème, jusqu’au 14 juillet, du lundi au samedi à 21 heures. Réservations : 01 43 38 74 62