02 juillet 2012

Love, de Murray Schisgal

Mise en scène de Jean-Laurent Silvi, avec Julia Duchaussoy, Jean Adrian, Jean - Laurent Silvi

Saluts, hourrahs et mon voisin souriant ne pouvant  s’empêcher de me dire : « ce spectacle est ce que j’ai vu de mieux depuis cinq ans ». Il aurait pu dire quinze ou plus… Le décor, les lumières, les musiques, les comédiens et le texte sont désarçonnants. Deux amis de jeunesse aux parcours ayant divergé se retrouvent : l’un (Mitt Manville) bien sous tous rapports, réussite sociale à l’appui et joliment marié veut se débarrasser de sa femme (Ellen) qu’il juge devenue envahissante donc périmée. L’autre (Harry Berlin) barbu anticonformiste clochardisant, est resté célibataire car il croit(?) n’avoir jamais aimé. Coup de blues : il s’apprête à basculer dans le vide, sautant du pont métallique - quasi métaphysique- qui relie le jardin à la cour sur l’immense et fascinant plateau. Stop. Mitt propose au camarade Harry de prendre le relais et de récupérer Ellen, laquelle va se révéler capable de les aimer l’un et/ou l’autre intensément, et ce successivement, voire simultanément. Mais d’abord le décor - cinématographique au sens le plus poétique du terme - avec un immense ciel de nuit ponctué d’étoiles, une structure métallique brillante traversant l’horizon, un gros lampadaire allumé parfaitement symbolique et… le pont en question. Plus un coffre qu’on n’ouvrira pas mais va servir de banc où l’on se trouve et se retrouve. Donc tout peut se mettre à cascader et d’abord nos hommes au jeu fougueux et désopilant voulu par Jean-Laurent Silvi. Saluons l’intelligence et la poésie d’une partition et d’une aventure dangereuse que Marivaux et Musset ne renieraient peut-être pas. Vous aimerez la volonté du metteur en scène d’amener ses comédiens délicieux au plus près du public, au propre comme au figuré.
Théâtre du Petit Saint Martin, du mardi au vendredi à 20 heures 30, samedi à 15 heures et
21 heures. Réservations : 01 42 02 32 82.