24 août 2012

Callas, de Jean-Yves Picq

Mise en scène : Jean-Marc Avocat, avec Noémie Bianco
Une armada de micros à gauche, une autre à droite sur la table derrière laquelle la comédienne est assise dans une robe décolletée aussi moulante qu’alambiquée; elle arbore un collier et des boucles d’oreilles rutilantes et des gants noirs intimidants ; ses sourcils sont fournis et ses lèvres voluptueuses. Vous avez dit méditerranéenne ? Elle parle et son accent qui l’est probablement aussi est pourtant inclassable. Pas un moment il n’est prévu qu’intervienne la moindre note de musique ou le moindre son ; ils deviendraient des pléonasmes selon le parti pris de la mise en scène. Noémie raconte Maria dont on connaît le parcours sidérant, elle ne se lève que très peu souvent, se rassoit aussitôt, comme si la conférence qu’elle donne ne le tolérait pas, elle boit élégamment de l’eau. Et le parcours fulgurant de la diva avec ses carrefours-calvaires et ses ré-ascensions nous est reproposé, mais surtout nous sentons ce que vocation, art et surtout travail et exigences signifient. Petit à petit la comédienne s’éloigne de sa chaise, s’assoit sur sa table, puis vient vers nous qui sommes de plus en plus troublés par sa performance. Ce spectacle qui n’est pas vraiment du théâtre, non plus qu’un pur exercice de style nous rejoint et nous émeut.
La Manufacture des Abbesses jusqu’au 7 octobre, jeudi, vendredi et samedi à 21 heures et dimanche à 17 heures.
Réservations: 01 42 33 42 03 et manufacturedesabbesses.com