06 août 2012

Pour un oui ou pour un non, de Nathalie Sarraute

Mise en scène de René Loyon, lumières Laurent Castaingt, avec Jacques Brücher et Yedwart Ingey.

Une des rares pièces de Nathalie Sarraute (1900-1990) conçue au départ pour la radio et publiée en 1981. Il fallait deux comédiens aux visages un peu marqués par l’âge avec des crânes plutôt démunis, des voix râpeuses ou lasses, des modulations et des intonations peu sensuelles, des vraies-fausses mimiques, bref des êtres chacun dans son carcan : celui d'un langage qu’il croit avoir apprivoisé. Deux anciens amis très différents, l’un plutôt homme du monde et l’autre artiste, se rencontrent pour renouer une amitié qui s’est défaite, ou même rompue, mais pour quelle raison au juste ? Parce qu’il ne pouvait pas ne pas en être autrement. Sur la scène nue tous deux sont debout en chemises blanches et pantalons ternes : une chaise en plastique est extirpée de derrière un rideau, une autre la rejoint. Une fois assis ils se regardent dans les yeux mais cela n’arrange rien car ce qu’ils se racontent évoque les propos que chacun de son côté aurait pu tenir sur le divan d’un psychanalyste forcément muet. Et les mots, les expressions et les phrases toutes faites, les banalités fusent et les usent. Ce qu’ils ne veulent ou ne réussissent pas à dire les accable, et nous aussi. Nathalie Sarraute a écrit un dialogue lassant mais avec des moments de tendresse et quelques instants d’humour. Néanmoins sa pièce créée et toujours reprise par d’excellents comédiens est régulièrement un succès.

Théâtre Lucernaire
, jusqu’au 15 septembre, du mardi au samedi à 20 heures. Réservations : 01 45 44 57 34