22 août 2012

Roméo et Juliette de Shakespeare, mise en scène de Nicolas Luquin

Joli respect du texte parfaitement traduit, bonne occupation d’un espace scénique singulier et des comédiens bien dirigés. Soit les Capulet et les Montaigu, ennemis héréditaires. Et puis l’adolescente dont le regard croise celui d’un jeune homme du clan adverse plus proche de ses camarades que des dames. Et un moine : ce Frère Laurent qui va les unir -en douce- devant Dieu pour qu’ils puissent s’aimer sans pécher côté chair. Idéaliste et utopique il pense qu’ainsi les clans seront réconciliés. Miraculeusement. On sait la suite et vous connaissez la fin : seule la mort de Lui et d’Elle feront en sorte qu’à Vérone deux familles envisageront désormais de vivre réconciliées. Nicolas Luquin met tout cela en scène et Benoît Michaud est ce Roméo chef de bande charismatique mais dont le profil empêche d’imaginer qu’il n’est encore jamais tombé dans les bras d’une jeune dame de qualité; sa Juliette dont le rôle est tenu par une actrice quarantenaire nous procure le même malaise. Muriel Adam, nourrice de Juliette a du relief, du punch, de la gourmandise et une présence détonante. Le Frère Laurent apparemment perturbé est effectivement perturbant. Et leurs camarades - ils sont treize sur scène - sont tous des comédiens consciencieux.
Théâtre du Nord-Ouest, dans le cadre de l’intégrale Giraudoux jusqu’au 30 septembre, dates et réservations : 01 47 70 32 75