10 septembre 2012

Marilyn Monroe - Entretiens

De Michel Schneider, mise en scène Stéphanie Marc avec Stéphanie Marc.
A jardin une table avec une lampe de bureau ; une femme est assise derrière. Elle a une perruque très noire et pas une minute elle ne sera une Marilyn glamour avec poupoupitou. Elle nous livre le côté le plus sombre de Norma Jean… cette fille de qui donc au juste? Ballottée pendant sa première enfance entre des pseudo-familles, mais dont elle dit curieusement qu’elles ne l’ont surtout pas entamée, comme cela a été prétendu dans des biographies calamiteuses, qui la décrivent comme une « petite fille idiote et vicieuse ». A l’époque une femme qui se supprimait si jeune après avoir été tellement aimée par des hommes de pouvoir ne pouvait être qu’une ancienne très-mal aimée, traumatisée dans sa jeunesse. « Vous connaissez un moyen de vous sortir des autres ? » « J’ai peu de devenir folle», « Je ne suis qu’une épave, je suis laide ». La comédienne aime son texte fignolé et subtil qu’elle nous livre avec des hésitations qui n’en sont pas vraiment et son regard est inquisiteur. Elle allume et éteint régulièrement sa lampe de chevet après chaque confidence pendant la première partie du spectacle et puis « Coupez ! » Elle est maintenant à cour, assise de dos face à un gigantesque écran où s’alignent les photos de la blonde pulpeuse ; elle se borne à agiter légèrement les mains, et nous ne savons plus où nous en sommes ni où elle en est. Aux saluts elle ôte sa perruque, son visage devient mince et fragile, on en admire d’autant plus sa performance.
Théâtre Lucernaire du mardi au samedi à 18h30. Réservations : 01 45 44 57 34.