03 septembre 2012

Transparence ou Scotland Yard contre Roméro

Comédie onusienne écrite et mise en scène par Benoît Guibert d’après le roman « Onu soit qui mal y pense » de Robert Garcia Saez, avec Kader Bouklanef, Olivier Dote Doevi, Verena Gros, Julie Lavergne ou Mélissa Broutin, Jérôme Dupleix, Hugo Horin ou Bastian Verdian.
Transparence : donc vive ce qui est visible ou déchiffrable? Au centre de la scène un bar aussi haut que large deviendra une scène-bis, à la cour un piano est planqué derrière un énorme panneau de bois, et contre le comptoir il y a cet homme qui a visiblement beaucoup bu. Nous sommes à Bangkok, l’homme est Roméro chargé d’un projet plus que généreux de l’ONU concernant la mission de son organisme au Congo, mais où rien n’aura fonctionné comme il l’avait souhaité. Son épouse est Isabella, médecin humanitaire, et son cher ami d’enfance est Bonaventure, un Africain pur sang. Scotland Yard va être représenté par un officier de police britannique venu demander des comptes à Roméro. Pardon pour ce qui ne saurait être qu’un vague compte-rendu de la trame d’un spectacle musical polyvalent, enjôleur avec épisodes truculents, séquences aériennes ou rigolotes. Nos danseuses à claquettes rythment tout, parce qu’il le faut bien pour nous faire naviguer dans le rêve. La troupe chante plus que joliment, certains comédiens jouent de plusieurs instruments. Le pianiste est aussi un rigolo qui commente tout et donne la réplique à qui ne le lui demande surtout pas ; Roméro a des épisodes chantés où il imite les stars des années soixante-dix ; l’officier de police britannique est ce comédien qui fait des tabacs dans toutes les pièces qu’il joue et reste très « Diablogues » selon Dubillard, car il aime l’absurde. L’Africain a un regard, une présence et une empathie fascinantes ; quant à l’épouse de Roméro, elle a la fine pointe d’accent germanique à la Dietrich, sa consoeur émerge joliment de l’univers de Feydeau. Le public est sous le charme, mais à la toute fin quand Roméro est de nouveau au bar et qu’on sent qu’aucun de ses dilemmes et autres problèmes existentiels n’est résolu, on aimerait lui passer le bras autour du cou.
Vingtième Théâtre, jusqu’au 7 octobre, du mercredi au samedi à 21h30 et les dimanches à 17h30. Réservations : 01 48 65 97 90