18 octobre 2012

Cher menteur, d’après la correspondance de Béatrice Campbell avec Bernard Shaw.

Adaptation de Jérome Kilty, texte français de Jean Cocteau, mise en scène de Régis Santon avec Francine Bergé et Marcel Maréchal.
Deux grands fauteuils sommaires au centre du plateau. A jardin l’univers de Béatrice Stella, sorte de loge où elle range les costumes tous plus gracieux les uns que les autres et qu’elle revêtira successivement. A cour le monde de Bernard Shaw soit une vaste table d’écrivain. Tout peut commencer. Tout ? En fait rien puis qu’il ne s’agira ici que d’une correspondance drôle ou moins drôle entre deux « monstres sacrés » qui se sont aimés pendant la quarantaine d’années où le monde a basculé plusieurs fois. Leurs relations jamais tièdes sont plutôt salées-sucrées, vengeresses mais tellement tendres. Et d’abord qui ment vraiment, et à qui, et puis qu’est-ce donc que mentir ?
Mise en scène minimaliste, déplacements convenus voire convenables parfois, mais les interprètes jouent en majeur. Marcel Maréchal est au combientième degré ? Nous touchant infiniment il convoque et ressuscite ses prédécesseurs… un certain Pierre Brasseur est en coulisses. Francine Bergé est l’héritière fascinante de Maria Casarès. Aux saluts elle ôte sa perruque frisottée pour redevenir cette blonde lisse que nous aimons.
Théâtre La Bruyère, du mardi au samedi à 19 heures. Location: 01 48 74 76 99.