17 octobre 2012

Nuit Blanche chez Francis

Spectacle conçu, réalisé et présenté par Jean-Baptiste Artigas, Guillaume Destrem, Alain Dumas, Didier Le Gouic.
Francis Blanche a été bachelier à quatorze ans, d’accord ! Regardez vos pieds et puis sautez depuis des sommets hors du temps, n’imitant surtout pas cet autrichien aux trente-neuf kilomètres (39 marches?) intemporels qui sera vite anecdotique, ce que Francis ne pourra jamais être. Un quatuor solide, alias La Belle Equipe a investi ses calembours, ses textes, ses chansons, ses vérités profondes et autres plaisanteries aussi aimables que féroces et subtiles. Il nous les repropose et les retours sont ceux de gens emballés comme nous l’avons été, mais d’abord reconnaissants. Face public cinq mini-chaises pour petits lapins à la maternelle ; quatre comédiens encravatés en pantalons clairs, vestes sombres et distinguées y sont assis, mais à qui la cinquième est-elle destinée ? Au « p’tit gros » lunetteux et moustachu dont nous entendrons la voix grâce à des enregistrements mythiques. Eux, changeant systématiquement de tenues, se déchaînent, chantent étonnamment bien, s’installant l’un après l’autre au piano et nous offrant des séquences et des sketches hallucinants de fantaisie, parfois moliéresques. Un seul est au bord de la mélancolie, mais le fils de Francis dit que son père « se cachait derrière son rôle d’amuseur public ». On décolle, on carambole, et puis on se dit que demain on reviendrait bien aimer ce que les malins directeurs du Théâtre des Béliers Parisiens, programment à Montmartre le dimanche à 18 heures. A la toute fin, les comédiens se sont sagement (?) réinstallés sur leurs petites chaises. Emmenez-donc vos lapins de la maternelle voir cette chose jubilatoire. Croyez-nous si vous le voulez : ça leur sera plus utile que ce cours de français qu’ils endureront pour la première fois à l’ombre de Monsieur le Ministre !
Théâtre des Béliers Parisiens, 14 bis rue Sainte Isaure, Paris 18ème, le dimanche à 18 heures.
P.S. Permettez-nous aussi de vous signaler la sortie récente de Francis Blanche, mon père ouvrage édité par Plon et dû à Jean-Marie Blanche son fils : il est aussi touchant que troublant.