03 novembre 2012

La machine à explorer le temps, de Herbert George Wells

Avec Sydney Bernard et Thierry Le Gad, musiques originales de Chapelier Fou
Dommage que l’Alhambra, salle sans cintres, n’ait donc rien à voir avec un théâtre et que dans ce cabaret tout ne puisse se passer qu’au ras du sol. Dommage encore que Sidney Bernard, dont on connaît les talents et le parcours plutôt pharamineux (et qui est également le traducteur de Wells) ait dû se « sonoriser » parce que le bruit des effets spéciaux et autres souffleries intenses - qui vous sidèreront - auraient probablement nui à la perception du texte. Sa voix piétine et écrase sa partition au risque de nous en faire décrocher, mais ce qui se  passe sur scène est démesuré, dévastateur, filmographique au premier degré et inracontable. Les lumières exploratoires, ravageuses, transforment tout sur-réalistement. Sydney et son délicieux jeune partenaire Thierry Le Gad se voient obligés d’escalader des pseudo-collines qui surgonflées (effets plus que spéciaux) deviennent un quasi Everest, dont ils dégringolent et redégringolent. Et cet H.G.W. est un sempiternel maître d’école. Nous autres qui ne rions pas forcément, sommes pourtant fascinés par ce travail exemplaire. Tout cela, direz-vous, est contradictoire ? Moralité exploratrice : vive les vacances ! Et voilà une lourde machine colossale, infernale, monstresse qui ne débarque sur scène qu’à la toute fin…
Les enfants dans la salle ce soir-là étaient bouche plus que bée. Moralité : enfournez vos gamins à l’Alhambra et puis guettez ce qu’ils vous diront dans la rue et dans le métro au retour… et dites-nous tout.
Théâtre de l’Alhambra, à 19 heures jusqu’au 11 novembre ; téléphone : 01 40 20 40 25.
Le spectacle se donnera à Avignon-off au Théâtre du Chien qui Fume cet été et sera en tournée à partir de janvier 2014.