25 novembre 2012

Marsiho, d’André Suarès avec Philippe Caubère

Adaptation, mise en scène et jeu : Philippe Caubère
Après l’Urgent Crier ! d’André Benedetto donné en 2011 à cette même Maison de la Poésie, Caubère y fait à nouveau escale. Il y est plus pharamineux encore car il clame son amour pour Marseille que les Anglo-Saxons nomment Marseilles tant la cité est multiple. Sur le plateau nu qu’il va arpenter habilement et sans jamais venir racoler le public à l’avant-scène, avec pour seul décor le mur du fond et sa vieille porte donnant sur la rue arrière occultée par des pierres. Le comédien en costume blanc et chemise de toile blanche n’a pour partenaire qu’un fauteuil en bois blanc, puis une petite chaise couleur bois qu’il déplace tout aussi sommairement. On peut appareiller, soit départ : « L’un des plus beaux mots qui soient » confie Suarés. Le navire gagne le large d’où il pourra aimer plus sensuellement encore l’antique et toujours jeune Marseille,  où « nul peuple ne croit plus fortement à la vie ». Même si (bonne mère !) rien n’y est franc non plus que simplement simple : oui mais si tel était le cas quel gâchis ce serait ! Une fois encore Caubère nous sidère quand il vacille tel le mistral qui remet en question, décape et reformate tout. Les lumières, les sons et les musiques, (Debussy, Wagner, Schubert et Kausi Kahnra, Indien transcendantal) sont ses alliés. Et le temps n’a vraiment plus de contenu. Ce soir-là, à l’ex-Théâtre Molière bourré à refus, le public se tombait dans les bras aux saluts parce que Caubère est un homme généreux et pléthorique, sans mauvais tours dans son sac non plus que fadaises et vrais-faux tics. Allez vite aimer Marsilho.
Maison de la Poésie, jusqu’au 13 janvier, du mardi au samedi à 20 heures, dimanche à 16 heures.
Réservations : 01 44 54 53 00 et maisondelapoesieparis.com