11 novembre 2012

Une laborieuse entreprise de Hanok Levin

Traduction Laurence Sendrowicz
Mise en scène Serge Lipszyc
Avec Marie Murcia, Nathanaël Maïni, Cerge Lipszyc et Jeremy Lohier à l’accordéon. Musique Jérémy Lohier
Au centre deux fauteuils côte à côte constituent un canapé sommaire, à jardin un fauteuil épais recouvert de tissu à rayures, à cour son double, et de part et d’autre des lampes ressemblant à des micros perchés sur leur pied. Une valise est là qu’on n’ouvrira surtout pas mais qui évoque un voyage imminent. Un homme assis dans un pseudo-lit a sur ses jambes un immense drap blanc et la femme qui dort à son côté ronfle. Le musicien à l’accordéon est relégué contre la coulisse de droite. Et l’homme (Yona Popock) parle ; il dit son exaspération et ses ras-le bol. Marié depuis vingt ans à Léviva avec laquelle il a eu des enfants, mais qui ne représente plus pour lui que la partie de ce corps qu’il convoque quand il en a besoin, il veut prendre la tangente. Elle se réveille : tout peut alors commencer. Ce tout sera une confrontation jouissive d’un réalisme renversant et quant à la mise en scène très physique, elle fait se renverser les partenaires, et les envoyer au tapis. Elle les fait danser, chanter, et convoque soudain un voisin (Nathanaël Maïni alias Gounkel) qui dégringole du fond de la salle et qui, en pyjama, est un voyeur frétillant prêt à tout pour déchiffrer les relations d’un couple et peut-être pour en apprendre plus sur lui-même. Ça se remet à tournoyer, ça chante, et on se renvoie au tapis, on s’adresse au public ou au musicien éthéré et qui fait mine de n’être pas forcément partie prenante. Mais jamais ça ne devient grossier non plus que vulgaire. Et comme nous le dit le metteur en scène, tous jouent « au plus près du public » pour notre jubilation. La fin ? Il n’y en a pas, bien sûr ! Elle et Lui envisageront-ils une existence ensemble ? Parce que la tendresse… Lui s’est déshabillé, rhabillé, re-déshabillé et ré-rhabillé. Elle est restée en combinaison légère, sexy et pantalon de même jusqu’à ce qu’elle devienne royale dans une robe longue, blanche et soyeuse. Aux saluts nous leur tomberions bien dans les bras. Dans le hall de ce théâtre où on est chaleureusement reçu par toute l’équipe, il y a des ‘livres d’or’ pour que vous y écriviez un mot : n’y manquez pas ! Et le bouche-à-oreille se mettra en route.
Théâtre de l’Etoile du Nord, jusqu’au 1er décembre, du mardi au vendredi à 19h30, samedi à 17 heures et 19h30. Réservations : 01 42 26 47 47.