22 décembre 2012

La Petite aux tournesols, de Noëlle Chatelet


Il y a eu La Femme coquelicot, donnée à Paris en janvier 2007; Noëlle Châtelet nous y dédiait sa mère, âgée de soixante-dix ans, de plus en plus courageuse, tonique et remarquable à mesure qu’elle s’approchait de la sortie d’une vie qu’elle avait si joliment apprivoisée. Aujourd’hui Noëlle, elle-même septuagénaire, a confié à une équipe étonnante l’adaptation de cet autre roman écrit dans la foulée. Sa petite à elle est effectivement une gamine, n’a-t-elle que six ans, mais quel est son âge métaphysique? Rassurez-vous, elle a un gentil petit camarade-confident : ça aide. Avec lui elle partage doutes et émotions, et très vite le temps des parents n’a pas ou n’a plus de contenu ni de limites voire même d’importance. La petite scène de l’Essaïon est archi-encombrée, on aurait presque envie de demander au metteur en scène : « Vous n’auriez pas pu conseiller à la petite fille de ranger tous ses jouets dans un coffre? » Car la gamine ira jusqu’à confectionner une vraie tente avec deux tréteaux et un grand drap au centre du plateau pour se glisser dessous. Message reçu ? Et ça repart pour re-déménager, la comédienne manipulant et déplaçant à nouveau ses autres accessoires, chaises, etc. Mais pourquoi donc tout ça cher Mr John Mc Lean qui la mettez en scène ? Elle est si touchante, seulement habitée par son texte et son personnage. Merci pour les musiques de Jérôme Klur et les lumières de Claude Marchand. Bravo Françoise Lhopiteau gracieuse acrobate qui tenez tout à bout de bras. 
Théâtre Essaïon, jusqu’au 16 février, le jeudi, vendredi et samedi à 21h30. Réservations : 01 42 78 46 42