16 décembre 2012

Un square à six heures du soir, de Claude Broussouloux

Mise en scène de Margaret Clarac, avec Margaret Clarac et Emanuelle Bardin
Nous avons connu les fameux cinq à sept olé-olé et grivois c’était… mais voilà ce six heures où deux femmes vont finir par s’asseoir côte à côte sur un banc après s’être raconté leur existence, ce qui a provoqué leur rencontre et ce qu’elles ont en commun. Si l’on vous souffle qu’il s’agit d’un homme serez-vous surpris ? Sur la scène vide un mini-banc ; y est assise une dame aux grands cheveux blonds archi-raides avec frange, moulée dans une robe grise sexy aux manches longues. La rejoint une mince dame brune aux cheveux démesurément longs et à la robe noire courte et sans manches. Ce qu’elles vont se dire ? Peu importe, car elles déclament et ne cesseront de le faire (du genre tragiques grecs) un texte ambitieux. Serait-ce une parodie d’analyse pour un quelconque psy-quelque chose ? Notez que l’auteur et la comédienne principale, également metteur en scène, sont tous deux médecins. Donc ça clame beaucoup et « si vous me laissez revenir chaque soir… » « alors à demain à six heures précises !…» Et puis cela devient « Cet homme… » « pour lui une seconde mort »… La dame brune sort et re-paraît. Elle ne se posera sur le mini-banc qu’à la toute fin quand la blonde aura accepté de lui faire une petite place. L’auteur aime dire que ses romans policiers et ses sketches traitent « sur le mode ironique, de problèmes de société ». Le problème de ce spectacle qui se veut dérangeant c’est qu’il est très peu touchant. Or si nous allons au théâtre c’est pour y être émus, et non pas « diagnostiqués » avec ordonnance et feuille de soins à la sortie… « Voyez mon assistante ». C’est dommage car ce Guichet-Montparnasse est un petit théâtre plus qu’aimable dont la jeune équipe qui prend des risques question programmation, vous reçoit de manière charmante.
Théâtre Guichet Montparnasse, jusqu’au 5 janvier, du mercredi au samedi à 20h30. Réservations : 01 43 27 88 61.