27 février 2012

La conférence : Emma la clown - Catherine Dolto

Un plateau de théâtre est tout sauf un lieu où l’on peut s’attabler pour argumenter, ergoter, philosopher, bref donner une conférence. Pourtant sur celui de l’Européen, cabaret si  accueillant, face public Catherine Dolto devient ce qu’elle est dans la vie soit hapnothérapeute ; terme plutôt rhinocérossien - n’est-ce pas Monsieur Ionesco ? - définissant un médecin qui a pour mission de conseiller aux femmes hébergeant un fœtus qu’elles ne savent pas encore aimer, de se dépêcher de triturer leur ventre et de le caresser. Mis au monde, et dès ses premiers pouces dans la bouche, il (ou elle) ne sera pas contraint de figurer sur la liste d’attente d’autres thérapeutes forcément moins fulgurants. Mais Katouche, sœur de cet homme de scène irrésistible et si attachant qu’a été Carlos, et fille de Françoise Dolto qui nous a si bien appris à écouter et aimer les enfants, tout en poursuivant des études de médecine a suivi des cours de théâtre et publié Rire Guérir. Emma la clown dont la formation est d’abord celle de comédienne a rencontré son auteur et entre elles ça a été le coup de foudre, se dit-on. En est né ce spectacle qu’elles reprennent depuis plus d’une demi-douzaine d’années pour le bonheur d’un public complice. Catherine tente de ‘faire passer’ un message; la clown avec son pif trop rouge et ravageur l’interrompt systématiquement, grommelle, la contredit. Elle lui remonte toutes ses savantes et philosophiques bretelles, sabotant un langage qu’elle fait mine de ne pas maîtriser : on finit par se demander laquelle des deux élucubre le plus ou le mieux. Ping-pong fantasmagorique qui se termine sur l’écran du fond où sont projetées des photos de nouveaux-nés et autres bébés. La blonde, joyeuse et jolie demoiselle Dolto les commente de façon aussi maline qu’hallucinante. La clown ôte son chapeau et le public trépigne.

L’Européen, 5 rue Biot- Paris 17ème. Prochaines représentations: lundi 11 mars à 17h30 et mardi 12 mars à 20h30. Réservation : 01 43 87 97 13.

26 février 2012

La salle des profs

de Samia Webre, mise en scène de Samy Berry,
avec Alysson Paradis, Yannik Mazzilli et Audrey Garcia
L’auteur, elle-même enseignante, s’en donne à cœur joie, ne réglant pas ses comptes, mais nous faisant pénétrer nous autres ex ou futurs parents d’élèves dans cette salle forcément trop petite - les finances du ministère ou de la ville ne permettant pas d’envisager un local plus vaste. Va pour la mini salle avec large table, tableau où on plaque les notes de service et où les collègues affichent des tracts du syndicat auquel il est urgent d’adhérer et les inévitables casiers-boites à lettres superposés, genre cage à lapins. Un ordinateur dont on n’est pas sûr que tous en connaissent le maniement, est sur la petite table à gauche. Sonneries intempestives et régulières de fin de cours à vous faire sauter en l’air et devenir sourd prématurément. Ils sont trois : une prof mince bien droite, Audrey Garcia, à chignon et grosses lunettes, style un peu « coincée » parce qu’avec principes, mais à l’autorité qu’elle croit ou prétend naturelle ; un professeur d’éducation physique en short à la stature et à l’énergie impressionnantes, Yannik Mazzilli qui sautille et ne cesse de jouer avec ses balles de tennis, plein humour et d’un optimisme vrai ou feint ; et puis Alysson Paradis: ravissante débutante alias stagiaire sexy dont on ne comprend pas pourquoi elle envisage une pareille carrière, à moins qu’enfant prolongée, elle veuille rester parmi ses anciens copains et copines, même si elle a quelques petites longueurs d’avance sur eux.
On retrouve le trio et ses relations du genre imbroglios (forcément avec le colosse dominant si positif faisant vibrer le décor à chaque fois qu’il ouvre ou ferme la porte donnant sur la coulisse), jusqu’à la veille des vacances, quand ouf ! « l’école est finie ».
Bien meilleur que du très bon café-théâtre, même s’il en adopte le rythme des sketches, les jeux de lumières, les musiques et autres effets sonores, et les costumes ou déguisements qu’on ne compte plus, ce spectacle ravit. Même si on se dit que tout pourrait aller plus loin encore si les commentaires et interrogations alias remontrances et insolences des collégiens – particulièrement ceux de la Quatrième 4 – en voix off étaient aussi virulents et provocateurs que dans la vraie vie. Mais alors vous ne pourriez pas emmener vos enfants et petits-enfants à ce spectacle: il serait regrettable de vous livrer à une fastidieuse explication de texte avant la forcément bonne rentrée prochaine.

Théâtre de l’Archipel
, jeudi, vendredi, samedi à 20 heures. Réservations 01 48 00 04 05.

23 février 2012

Rose

de Martin Sherman
Traduction Perrine Moran et Laurent Sillan.
Avec Judith Magre, mise en scène de Thierry Harcourt.
La pièce originale dure plus de deux heures, mais dans la version proposée par Thierry Harcourt, Judith Magre n’est en scène que pendant un peu plus d’une heure. Le décor se réduit à ce mince panneau rouge côté cour et au grand banc central sur lequel elle est assise. Elle ne se lève que peu de fois, le contourne avant de s’y rasseoir tout en se remettant à nous dire la vie de cette femme ashkénaze débordante de vitalité et amoureuse éperdue de l’existence - comme de ses partenaires hommes - aussi généreuse que pleine d’un humour virulent et d’un désir ravageur d’observer ceux qui l’entourent. Elle vibre en permanence. A la sortie de son ghetto d’Europe de l’Est elle se retrouve à bord de l’Exodus, assiste à la création de l’Etat d’Israël puis atterrit à Miami, dans cet autre Etat multi-Etats que tant de ses congénères ont voulu être leur nouvelle terre forcément promise. Elle ne cesse de dénoncer les crimes commis au nom de nations stupidement nombrilistes. La musique d’Eric Slabiake est aussi évocatrice qu’amicale, les lumières de Rouveyrollis sont sobres, le jeu de Judith Magre à la présence et aux yeux envoûtants l’est tout autant. On ferme les nôtres et on écoute : ce pourrait n’être qu’une pièce radiophonique pour station du genre Culture-France-quelque chose. Mais aux saluts, à l’avant-scène, Judith Magre sourit largement. On se dit que ce spectacle est recommandable aux lycéens en classe de terminale soucieux de réviser leur histoire d’un siècle d’avant-avant... C’est gagné pour eux !

La Pépinière théâtre, du mardi au samedi à 19 heures, le dimanche à 15 heures.Réservations : 01 42 61 44 16

18 février 2012

Il faut je ne veux pas

Textes d’Alfred de Musset : Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée, et de Jean-Marie Besset : Je ne veux pas me marier.
Mise en scène de Jean-Marie Besset, avec Blanche Leleu, Chloé Olivères, Adrien Melin.
Le titre suggère un parent intimant un ordre à l’enfant que nous avons tous été à l’âge où l’on dit toujours non et où l’on boude.
Le mariage ? Depuis toujours dans nos sociétés c’est un passage obligé pour un homme et une femme qui ont une forte attirance l’un pour l’autre et des projets communs : mais d’abord celui d’engendrer puisque « croissez et multipliez » est le mot d’ordre depuis Adam et Eve.
D’abord Musset et sa marquise trentenaire, veuve aimable courtisée par un comte coureur de jupons de qualité, mais qu’elle tance et sermonne, tant elle est éprise de vérité plus encore que de vertu. Plus d’un siècle et demi plus tard une jeune femme en robe sexy, au verbe joliment agressif, professeur de maths, enceinte d’un brillant financier se demande et lui demande la veille de leur mariage à quoi il va rimer et de quoi il va véritablement accoucher.
Cette confrontation-duo Musset-Besset est synonyme de drôlerie, de finesse et d’élégance. Le décor est sobre avec une porte qu’on ouvre (et ferme) côté jardin, et une jolie cheminée où crépite un feu de bois. A la seconde mi-temps il héberge en son centre un très vaste lit quasi conjugal, à droite un tableau pour salle de classe ou conférence. Adrien Melin est successivement le partenaire de Blanche Leleu marquise plutôt fragile, et de Chloé Olivères enseignante à la présence et à la voix toniques. Ce spectacle fignolé et de qualité rare, donc brillant, se donne dans un théâtre qui n’accueille que de vraies œuvres.
Théâtre de l’Œuvre, du mardi au samedi à 21 heures, matinées samedi à 18 heures 30 et dimanche à 15 heures 30. Réservations : 08 92 70 77 05 et www.theatredelœuvre.fr.

Noces, fantaisies nuptiales pour quatre acteurs, un coup de foudre, une autruche, un tank et une banane

Textes de Laurent Contamin, Benoît Szakow, Carlotta Clerici, Roland Fichet, Dominique Wittorski, Luc Tartar et Carole Thibaut
Mise en scène de Gil Bourasseau et Cécile Tournesol.
Avec Eric Chantelauze, Ludovic Pinette, Anne de Rocquigny et Cécile Tournesol.
Deux hommes, l’un grand et svelte, un autre qu’il l’est moins et un brin chauve. Deux femmes : l’une petite, chouchoute blonde très véhémente, l’autre plus grande, brune aux cheveux courts et qui se voudrait plus hiératique : bref quatre comédiens sidérants dans un décor-prétexte qui n’en est presque pas un et d’où ils sortent précipitamment pour y rentrer à nouveau et faire le tour du plateau comme des gosses - avec ou sans trottinettes - faisant obstinément le tour du square d’à-côté. Du rythme : il en fallait pour faire exploser un pareil méli-mélo gaguesque composé de textes dérangeants, surréalistes, ubuesques, donc réalistes, cruels voire attendrissants ou les deux.
Bruitages rigolos, effets sonores perturbants, musiques d’ambiance(s), airs connus, imitations de pseudo-chanteurs aujourd’hui septentenaires avec des ports de voix à la Eddy-quelquechose ; non, ne nous dites surtout pas que le grotesque et la caricature (sans méchanceté cependant) sont de la partie, nous serions d’accord. Et si vous trouvez que la « dernière séance » pardon : la dernière séquence mélodramatique est un peu longuette, faites-le savoir à l’équipe détonante et édifiante de ces noceurs affriolants qui ont fait hurler d’un jeune et joli rire la salle le soir de leur générale de presse.
Théâtre de Belleville, jusqu’au 8 avril, du mardi au samedi à 21 heures, dimanche à 17 heures : réservations : 01 48 06 72 34

15 février 2012

Francis Blanche, mon père

De Jean-Marie Blanche et Evelyne Trân
« Puisse ce petit livre donner envie à ceux qui ne te connaissent pas de te découvrir. »
Ce vœu figure à la deux cent trente deuxième et avant-dernière page, l’ultime n’étant pas numérotée: il y aura donc une suite. Mais comment un pareil livre pourrait-il être dit ‘petit’?
Evelyne Trân, compagne et collaboratrice de Jean-Marie, avoue avoir insisté pour lui poser toutes sortes de questions et lui, après avoir corrigé l’avant-propos, n’a découvert le manuscrit qu’une fois mis le point final. Mais c’est ensemble qu’ils ont interviewé la famille Blanche et tous ceux que Francis a fréquentés et qui ont tant compté pour lui.
Donc Jean-Marie, enfant doublement de la balle - mère danseuse - s’adresse à son père, engendreur multiple aux partenaires successives mais tellement aimées et à ses descendants devenus des « germains » pour celui qu’Evelyne nomme J-M. C’est la re-découverte d’un homme aussi fascinant qu’hallucinant et pléthorique, à qui nous sommes redevables de plus de six cents chansons, dédiées ou confiées aux plus habiles des gens de scène ses contemporains, puis malicieusement récupérées par d’autres tout aussi dérangeants. Ce sont des sketches avec calembours, contes, canulars et poèmes d’un auteur dont on croit tout savoir ou se souvenir puisque pendant des dizaines d’années il a été omniprésent au cinéma, au cabaret, au théâtre, et à la radio dès nos petits matins. C’est aussi le témoignage qui ne peut laisser indifférent de ce fils qui, âgé de seize ans à la mort de ce père qui avait « le sentiment du merveilleux, le goût des choses simples, l’haleine de la poésie ». Jean-Marie (qui l’a peu côtoyé) le ré-invente avec ferveur, sidération et une infinie tendresse. Ce sont encore les tendres photos « de famille » et cette carte postale que son père adresse à Jean-Marie âgé d’une douzaine d’années. Francis dit être dans une « jolie ville » et un « beau port » pour conclure : « A bientôt fils, je t’embrasse », mais sous les timbres on découvre que Papa-Francis l’a adressée à son fils domicilié à ‘Versailes’ Le « l » (ou bien « aile ») manque : un gag de plus ? Sidérante encore est la reproduction d’une lettre envoyée par Francis à son père Louis Blanche à l’écriture gracieuse et impeccable. Avouons qu’il est difficile de vous dire pourquoi nous avons été si remués par ce livre-témoignage, chant de reconnaissance et d’amour d’un fils qui, à la trentaine et à la suite d’un accident, ayant passé cinq semaines dans le coma ("To sleep, perchance to dream...") a du ré-apprendre à «lire, marcher, compter, nager, manger, parler» et qui remercie son père redécouvert à son réveil.
Francis Blanche, mon père est publié aux éditions Plon : www.plon.fr

13 février 2012

Zakouski ou la Vie Joyeuse

Scènes burlesques d’après les récits de Mikhaïl Zochtchenko
Adaptation d’Eric Prigent, mise en scène de Serge Poncelet
Burlesque ? oui-oui-oui ! La vie joyeuse et comment ! Pourquoi pas la joie voyeuse itou ? - on ne dira surtout pas pourquoi. Mais nous voilà déjà emberlificotés et tentant d’enchaîner : donc quatre comédiens et comédiennes avec masques et nez de clowns jouant dix-huit rôles, vingt-trois scènes mais c’est tout-public soit « dès dix ans ». Ça caracole, au risque de racoler un peu, mais bon… Soit la sainte Russie des années vingt basculant dans le communisme, mais où elles et eux ne peuvent s’empêcher de continuer de passer du rire aux larmes, car tout y est toujours insensé, grotesque, cruel aussi, donc jubilatoire.
Au centre du plateau une mini-scène pour guignolades aux rideaux rouges tirés, dont on attend qu’ils s’ouvrent. Autour, les personnages dansent, s’échappent vers les coulisses en courant, gesticulent et hurlent, parfois au risque de court-circuiter leur texte. Mais tout fonctionne. Eux et elles sont des ouvriers ou des êtres joliment largués parce qu’épris de rêves avec la boisson pour muse, ou encore un vrai milicien et une « cerbère » (!)… et puis l’auteur à leur rescousse qui tente de venir dire ses amours à lui.
On re-caracole, les lumières sont efficaces et déménageantes, ça pourrait durer encore et encore. Et cela se donne dans ce théâtre dont la direction étonnante prend des jolis risques dont celui de nous surprendre régulièrement.
Théâtre de l’Opprimé, les mercredis, jeudis, vendredis, samedis à 20h30, matinées les dimanches à 17 heures, jusqu’au 4 mars.
Réservations : 01 43 40 44 44 et http://www.theatredelopprime.com/reserver.html

05 février 2012

Divorcer tue

de Christian Morel de Sarcus
Mise en scène de l’auteur, avec Antoinette Guédy et Christian Morel de Sarcus.
Au centre du plateau deux vastes fauteuils rouges ; assise dans celui de gauche qui est dos au public, une créature dont on ne voit que la longue chevelure blonde platine. Un homme costume noir, chemise blanche, nœud papillon , apparaît et déclare : « Je viens de tuer une femme ! » un peu sur le ton de l’élève qui clamerait « je viens d’avoir 20 sur 20 en … !» Myrna questionne : « Laquelle ? » Réponse : « La mienne ». Elle alors : « Qu’avez-vous fait du corps ? » Lui : « Elle voulait divorcer. Je ne vais pas, en plus, m’occuper de son corps !». Cantatrice sur le retour se préparant à donner son dernier récital, Myrna est la maîtresse que cet homme n’a pourtant jamais touchée. Délivré de ce qui l’a amputé de ses fantasmes de personnage multiple cet homme, séducteur archi-sollicité mais tourmenté, veut être à la hauteur de l’auteur qu’il est d’abord. Il a arrêté le temps, comprenez : l’horloge en coulisses. Elle avouera avoir aussi divorcé. « On ne refait pas sa vie » braille- t’elle quand il lui fausse compagnie, lui ayant fait entendre qu’entamée par ses confidences elle sera incapable de donner son ultime récital. Il a remis l’horloge en marche et s’esquive, sourire aux lèvres et pirouettant. Dans une mise en scène et en espace sobres convenant parfaitement à ce théâtre parisien si singulier et raffiné, Antoinette Guédy est, une fois encore, sidérante et Christian Morel de Sarcus aussi touchant que dérangeant.
Cette pièce donnée avec succès au Théâtre du Nord-Ouest est actuellement reprise au Théâtre de l’Ile Saint Louis où elle se joue jusqu’au 11 mars.
Prochaines dates : mardi 7 février à 18h30, mercredi 29 février à 21h, jeudi 1er mars à 21 h, vendredi 2 mars, samedi 3 mars, jeudi 8 mars, vendredi 9 mars, samedi 10 mars à 21h et dimanche 11 mars à 17h30.
Théâtre de l’Ile Saint-Louis, 39 quai d’Anjou, 75004 Paris ; réservations : 01 46 33 48 65 et www.billetreduc.com

02 février 2012

On purge (bébé) !

de Georges Feydeau
Mise en scène de Pauline Raineri
Saluer -ou sauter au cou de- cette bande de comédiens plus que généreux qui remettent le feu à Feydeau, qui le re-truculentent avec bruitages dézinguants, qui font dire à cette pièce le contraire de ce que vos arrière- arrière- grands parents ont cru y comprendre : à savoir que les femmes sont des empoisonneuses nécessaires pour que notre race se perpétue , mais que l’argent donne son statut et sa stature à l’homme, le vrai : un mâle et généreux géniteur, ex ou futur père de famille.
Makita Samba, grand, élégant, bref superbe, au visage plus expressif et la peau plus foncée que celle de Barak Obama est Bastien Folleavoine en complet distingué. Il est assis derrière une table au centre de la scène, sous des pots de chambre ‘artistiques’ pendant des cintres, œuvres dont il est le créateur et promoteur. Il faut rapidement purger son fiston de sept ans constipé, mais pourquoi ? Madame-mère, c’est Pauline Raineri à la voix et la présence de meneuse de revue, mère de choc qui arpente la scène enbigoudée avec un peignoir entrouvert sur des cuisses bien appétissantes.
Soit une vraie compagnie de sept partenaires, eux barbus et moustachus, même celui en vaste culotte mais torse nu, acrobate mince qui joue et mime le ‘bébé’. Elles sont jeunes, belles, décoratives et facétieuses. Ils et elles descendent dans la salle quand cela leur chante et viennent échanger leur vision du monde, comme cela se fait durant des pauses entre répétitions, tout en restant un poil métaphysiques. Et ça redémarre. Il n’y aura ni dérapages ni mini-temps morts. Sortis rajeunis, rechargés car ce spectacle est une vraie pile, vous en parlerez autour de vous, ravis qu’il se donne actuellement à Montmartre dans un lieu charmant, à la programmation étonnante et qui en devient plus funambulesque encore.
Théâtre du Funambule, jusqu’au 28 février, dimanche à 16 heures, lundi à 20 heures.Réservations : 01 42 23 88 83