29 janvier 2013

Les pâtissières, de Jean-Marie Piemme

Mise en scène Nabil El Azan assisté de Théo Zachmann avec Chantal Deruaz, Christine Guerdon et Christine Murillo
Une pâtissière est une bienfaitrice de l’humanité, supposée accorte, appétissante et oh ! combien maternelle quand maman fait escale dans sa boutique avec rejeton ou rejetonne à la sortie de la maternelle. Ici les bienfaitrices sont trois sœurs : Mina, Flo et Lili, surtout pas tchekoviennes quoique aux physiques de babouchkas avec perruques aux teintes (teintures?) époustouflantes. Au départ elles arborent des lunettes de soleil masquant la partie de leur visage qui révélerait qu’elles sont sexagénaires-plus. Sur une scène minime, dans un décor qui est un encombrement de coffres à pousser et repousser ou utiliser comme promontoires, elles se racontent, l’une après l’autre, de façon facétieuse et complémentaire. Une saga ? Plutôt le compte-rendu d’une déconvenue : elles ont dû vendre la maison de famille à un promoteur immobilier forcément immonde qui n’a jamais rien voulu -ou pu- comprendre à la vie. Et les voilà dans une maison de retraite. Le metteur en scène soutient que la pièce est une comédie grinçante, mais pourquoi fait-elle hurler d’un rire salvateur la salle comble où nous recevons décharge sur décharge envoyées par un trio de comédiennes dévastatrices dont chaque mot est porté vers les cintres par le suivant. L’auteur est natif d’Outre-Quiévrain et sa langue est d’un français merveilleux. Cerise sur le gâteau : Philippe Lacombe en signe les lumières.
Théâtre Les Déchargeurs : réservations : 08 92 70 12 28 du mardi au samedi à 19h30 jusqu’au 2 mars.