08 février 2013

Le mal court, de Jacques Audiberti

Mise en scène de Stéphanie Tesson
Avec Antony Cochin, Julie Delarme, Jean-Paul Farré, Josiane Lévêque, Marcel Maréchal, Mathias Maréchal, Didier Sauvegrain, Emmanuel Suarez
Le mal court et nous rattrapera tous à des phases de notre existence et des âges divers, mais qu’est-ce que le mal? Audiberti (1899 – 1965) a voulu que cette pièce, cette «sérénade philosophique» qui a fait de lui un dramaturge à la fin des années quarante, soit jouée dans les plus prestigieux théâtres de Paris, donc au Théâtre de Poche. Cette saison, ce Poche joliment réaménagé nous la propose dans un décor gracieux pour vaudeville. Alarica, princesse venue de Courtelande et promise à un roi plus à l’Ouest nommé Parfait XVII, a fait escale en Saxe avec sa redoutable gouvernante. Rejointe par le jeune souverain, elle a entre- temps été séduite et « déniaisée » par un voluptueux Adonis dont elle ne se rend pas compte qu’il la manipule afin de modifier l’échiquier politique européen. Notez qu’elle a aimé ses parties de plaisir avec le jeune homme. La voilà devenue femme, ce dont son ex-futur royal époux répudié va souffrir atrocement (du moins c’est ce qu’il dit). Elle chasse du trône son vieux père et c’est du genre : « Allez ouste », voyez un vaudeville auquel la mise en scène et la direction d’acteurs fait penser ; Et comme l’évoque aussi le décor dans lequel évoluent des comédiens affublés de sourcils pour polichinelles revêtus de bottes et de costumes princiers. Pause-entracte. A la toute fin Alarica au bord de la scène nous réaffirme que « le mal court » et nous renvoie à nous-mêmes. La boucle bouclée, nous sommes heureux que cet Audiberti vaudevillesque ait couru le risque d’être dépourvu de son sens et de sa trajectoire.
Théâtre de Poche, du mardi au samedi à 21 heures, dimanche à 15 heures. Réservations : 01 45 44 50 21