28 mars 2013

Festi-Mal de Evelyne Sellés-Fischer

Ou 'A propos d’un théâtre où il ne se passe rien'
Avec Lyne Sellès-Fischer
« Le théâtre est un gâteau dont on ne garde que la cerise posée dessus », « Il faut remettre en cause les règles traditionnelles, il faut quelque chose de métaphysico-plus qui relève du sacré, un prétexte à dire le monde », mais aussi « choisir entre texte et action. » Vous vous demandez s’il faut s’alarmer ou commencer à pouffer de rire. Le charmant petit théâtre Pandora niché au fond d’une cour près de la Bastille programme un spectacle vengeur qui est un magistral pied de nez adressé à tous ces metteurs en scène et théoriciens prétentieux et intellos qui préconisent un théâtre du vide, du rien, mais surtout pseudo-psychologisant à tout va. Seule en scène, face public, assise derrière cette longue table de conférences recouverte d’un tissu noir la jolie journaliste a devant elle des fiches portant le nom de cinq metteurs en scène qu’elle est censée interviewer à tour de rôle, mais elle se met dans leur peau et les singe. Quand on en arrive au quatrième, Lyne est devenue Dieudonné Mbaye avec des intonations africaines genre ‘la-di-don’. Et elle aura réglé ses comptes avec presque tous les théâtreux et directeurs de festivals qui ont compté au vingtième siècle, quand apparaîtra une jeune fille avouant qu’elle a eu envie de retourner à Racine, Corneille, Shakespeare, « ces fondamentaux-là ». La journaliste clame « vous me ravissez ! ». Dans sa dernière réplique elle souhaite que « au cours de ce festival (…) ce soit la beauté qui l’emporte ». Vous avez compris qu’il était question du festival incontournable qui a lieu chaque été dans la cité des Papes et où dans le « IN » on voit des tas de choses prétentiardes dont on sort navré. Au Pandora vous hurlerez de rire.
Théâtre Pandora, 30 rue Keller (Paris 11ème) 01 42 78 36 50. A 21 heures : lundi 8 ; du mercredi 10 au lundi 15 ; mercredi 17 avril.