06 mars 2013

La mort de Marguerite Duras, d’Eduardo Pavlovsky

Traduction Françoise Thanas
Mise en scène Bertrand Marcos avec Jean-Paul Sermadiras
Seul en scène, huit panneaux bien répartis le cernant à jardin, au fond de la scène et à cour le comédien raconte d’une voix qu’il module si bien. Nous autres avons été avertis que sa Marguerite n’est qu’un prétexte et qu’il est seulement question d’une mouche qui va quitter la vie ; comprenez passage d’un monde à un autre dont on a tout dit mais dont on sait si peu et l’auteur moins encore. Cela se veut métaphysique, mais l’impression que nous éprouvons vite c’est d’être bloqués dans la cage d’escalier d’un immeuble d’une dizaine d’étage mais dont l’ascenseur ne fonctionne pas. On se dit : hélas le sommet d’un Himalaya voire d’un moindre Mont-Blanc n’est surtout pas en vue. Passe pour les confidences avec détails intimes qui veulent faire de cette pièce un psychodrame percuteur et dynamiteur avec remises en questions existentielles tous azimuts. Celle que nous nous posons serait plutôt : pourquoi cette pièce du señor argentin Pavlovsky (la seule de lui traduite en français) a-t-elle atterri à la Manufacture des Abbesses qui programme régulièrement des œuvres étranges mais exigeantes. Notez que si la mise en espace existe à peine car tel est le choix du metteur en scène, les lumières seules sont remarquables.
La Manufacture des Abbesses, jusqu’au 24 avril, du dimanche au mercredi à 21 heures. Réservations : 01 42 33 42 03