11 mars 2013

Nuit, un mur, deux hommes, de Daniel Keene

Traduction : Séverine Magois
Mise en scène Cédric Grimois, avec Philippe Blanchard et Jean-Pierre Bernizeau
Sur le plateau un banc et tout ce que des clochards ordinaires récupèrent pour vivre ou survivre sans être obligés de s’enfourner dans un de ces centres où la nuit, endormis, ils seront agressés et dépouillés des quelques pièces ou billets qu’ils ont réussi à se faire donner en faisant la manche. Putain ! Ils se racontent leurs faillites successives, putain ! Et quand l’un s’endort sur un matelas à drap blanc plutôt douteux, l’autre sort d’une grosse poubelle en plastique de quoi grignoter. Il vient à l’avant-scène et parle à celui ou celle qu’il aime ou qu’il a aimé. Ce serait touchant mais putain ! Tous deux de nouveau face à face se refont des scènes de faux-ménage, putain ?... Pardon ! mais ce mot putain est utilisé plusieurs dizaines de fois par l’un comme par l’autre durant ce spectacle d’un réalisme forcément confondant. Il ressemble à une sorte de serpillère plus que grise ayant servi à nettoyer de bonnes pièces contemporaines écrites sur le sujet, récupérant des poussières répugnantes mais… putain ! Et ça repart : « toi tu penses comme ça, mais moi… » Très vite on a décroché, même si la mise en scène hyperréaliste est réussie et si les comédiens sont très bons. Putain, quel dommage !
Théâtre du Nord-Ouest, voir dates et réservations : 01 47 70 32 75