23 avril 2013

Fables d’après Jean de La Fontaine

Mise en scène Olivier Benoit avec Jean-Baptiste Fontanarosa et Olivier Benoit
Soit 240 fables écrites en un bon quart de siècle, dont nos anciens ont été nourris à l’école. Souvent de petits chefs-d’œuvre, parfaitement formatés qui nous ont fait aimer et admirer les animaux, compagnons fascinants ou ennemis prédateurs tous aussi intimes que redoutables et dont la logique et les ' motivations ' nous échappent. Le ' bon ' La Fontaine avouait : « J’aime le jeu, l’amour, les livres, la musique, la ville et la campagne, enfin tout ; il n’est rien qui ne me soit souverain bien, jusqu’au sombre plaisir d’un cœur mélancolique ? » Pourquoi ce point d’interrogation vous dites-vous ? Soyez rassurés : ce spectacle n’engendrera pas votre mélancolie. Vous en sortirez plus qu’enchantés avec à la bouche la même exclamation : « époustouflant ». Et vous serez à bout de souffle après avoir applaudi à tout rompre deux comédiens parfaits, charnels, drolatiques, aussi bons acteurs que danseurs, qui chantent à la perfection toutes sortes d’airs, music-hall ou pas, et dansent de même… Ils utilisent des objets bizarres comme cette grande boîte en carton dans laquelle ils se réfugient tour à tour pour s’en faire une carapace de tortue, ou encore ces sacs et films en plastique aussi pratiques que jetables. Ils imitent les animaux de cette saga fabuleuse, bêlant divinement s’il le faut. Notez que pas un moment ils n’en font trop. Ces deux-là articulant parfaitement font percuter chacun de leurs mots… pardon des mots dont Jean de La Fontaine est épris mais surtout pas prisonnier. Musiques, maestro ! et elles sont là, divines, voyez Jean-Sébastien. D’autres suivies de bruits ravageurs nous accostent. Cependant que le plateau devient jonché d’objets hétéroclites. Troublés, on n’en peut déjà presque plus et on se demande quelle fable pourrait servir de conclusion à une anthologie aussi émoustillante que délirante. On vous l’avoue : il y est question de roseau et de chêne. Donc il est urgent que les bouche-à-oreille s’enchaînant, ce spectacle qui a ‘cartonné’ en 2009 vous ravisse, vous, vos petits et arrière-petits- enfants. Dans cet étonnant théâtre de-et-à-Belleville, quartier où souffle encore un certain esprit, les sourires des gamins nous ont ravagés : donc le théâtre ce serait mieux que la télé ?
Théâtre de Belleville jusqu’au 9 juin, du mercredi au samedi à 19h30, le dimanche à 17 heures. Téléphone : 01 48 06 72 34. Et www.theatredebelleville.com