28 avril 2013

Un rapport sur la banalité de l’amour, de Mario Diament

Ou Hannah Arendt et Martin Heidegger, histoire d’une passion.
Adaptation et mise en scène André Herman, avec Maïa Gueritte et André Herman.
Le titre français de cette œuvre comporte les mots 'rapport' et 'banalité' qui feraient un peu peur, mais soyez rassurés, le Théâtre de la Huchette a, une fois encore, décidé de nous présenter un chef-d’œuvre à découvrir jusqu’à la fin juin. Vous en sortirez bouleversés et ravis tant par la qualité du texte que par la mise en scène et encore par l’utilisation du plateau que par le jeu de comédiens mieux qu’excellents. Vous connaissez l’histoire de Hannah et de son professeur de lycée qui s’éprennent l’un de l’autre au point que la jeune fille avoue vite ne pas pouvoir survivre sans rapports passionnés avec ce professeur-initiateur, charmeur mais également père de famille, dont la carrière deviendra de plus en plus brillante. Elle l’a d’abord admiré puis est devenue de plus en plus critique au fil des années, à cause de ses prises de position dans l’Allemagne nazie qu’elle, Juive, a finalement dû fuir risquant la violence, la déportation, la torture et la mort. L’auteur nous propose cinq rencontres de ces amants Outre-Rhin dans des villes et lieux différents. A chaque fois malgré leurs discussions passionnées ils se retombent dans les bras et s’étreignent tendrement ou violemment. Lui est de plus en plus mal à l’aise devant cette ancienne étudiante au courage remarquable devenue héroïne et donneuse de leçons magistrales. Sur un écran à l’arrière-plan de la scène apparaissent des séquences filmées : autour d’une table des commentateurs tentent d’expliquer les pourquoi et les comment de cette saga- feuilleton, puis tout reprend sur scène. Pendant les noirs le comédien a déplacé les planches, lits, meubles et autres éléments de décors. Lumière… le public admire ce travail remarquable et Hannah est de plus en plus gracieuse dans des tenues d’époque qui lui vont à ravir. Martin est toujours très élégant, même s’il semble se tasser un peu, la douleur et l’incompréhension de sa passionaria y contribuant. La fin plutôt triste et nébuleuse vient lentement, mais aux saluts la salle trépigne.
Théâtre de La Huchette, du lundi au vendredi à 21 heures, le samedi à 16 heures 30. Téléphone : 01 43 26 38 99 et reservation@theatre-huchette.com