17 mai 2013

Parloir, de Christian Morel de Sarcus

Mise en scène de Paul-Antoine Veillon et Mélanie Charvy, avec Jean-Dominique Pelletier, Frédérique Van Dessel, Romain Picquart
Un couloir genre salle d’attente d’hôpital ; une mère (Eva) parle à un infirmier (Bruno) qui demeurera muet : son fils (Victor) tombé dans le Canal de l’Ourcq est dans le coma, or ce jeune homme archi-doué n’était surtout pas suicidaire … n’est-ce pas ? Eva pleure, grimace. Son ex-époux arrive et l’observe «méchamment avec ironie», il prédit que Victor va mourir. Un match de mots cruels commence, bien qu’Eva ait déclaré : « Je n’ai pas l’intention de vous parler, nos avocats se sont tout dit ». Elle est véhémente, moqueuse, et lui violent parfois, mais leurs échanges sont brillantissimes l’auteur maniant les mots avec virtuosité. L’émotion nous confisque car cette haine dévastatrice les unit jusqu’à souder Eva et son ancien conjoint et cela plus vertigineusement que le sentiment qui les avait aidés à s’unir et procréer, voyez « croissez et multipliez-vous! ». L’attente pourrait se prolonger indéfiniment si des bruits en coulisses n’invitaient pas le père à pousser la porte interdite qui mène à la salle… d’où sort Victor. La suite ? Il avait simulé ce suicide pour que ses parents se retrouvent mais aussi pour régler quelques-uns de ses propres comptes avec eux. La fin ? Mais le trio de comédiens sert ce qui est devenu ‘leur pièce’ de manière redoutable sur un plateau garni de quelques chaises pliables et d’une paire de bacs à fleurs ressemblant à celles déposées sur les tombes de cimetières ordinaires. Allez le vérifier et admirer le choix heureux fait une fois de plus par ce théâtre aimé et aimable.
Guichet Montparnasse, mercredi et vendredi à 19 heures. Réservations : 01 43 27 88 61