02 septembre 2013

Docteur Glas, d’après la pièce de Hjalmar Söderberg

Traduction et adaptation John Paval
Mise en scène Hélène Darche avec Sofia Efraimson et John Paval
Comment vous dire? Les mots se bousculent et se prennent les pieds dans le tapis ; dans les cours de théâtre on vous aurait réconfortés : « mettez-ça là, on va le trier ». Pour nous aller au théâtre et en revenir est une aventure dont nous ne pouvons jamais sortir indemnes : « des heures seront nécessaires pour vous remettre à flots »… Vous avez dit docteur ? Oui, mais ce docteur-ci va devenir ou redevenir un homme avec des vrais problèmes existentiels après avoir été un résolveur de petites et grandes misères physiques. L’intrigue est simple : Docteur Glas reçoit la visite de la gracieuse Helga, épouse du vieux pasteur Grégorius, mais qui entretient une relation extra-conjugale avec… peu importe. Son mari est effectivement plus qu’un tyran, un vrai pervers qui impose à sa femme des devoirs conjugaux intempestifs et la tyrannise. Notez que nous sommes en Suède, pays encore officiellement très traditionnellement puritain au début des années 1900. Docteur Glas est vite chamboulé par sa cliente, moralement et physiquement. Petit à petit, après toutes ses confidences, il envisage d’aller supprimer le pasteur. Helga a disparu et il se met à monologuer à l’infini. Le comédien qui est Glas est prodigieux et son monologue devient vite une rare performance d’acteur. Pourtant il est naturel, et ne « joue » surtout pas les mots non plus que les émotions et les situations. Il transcende tout : son accent et ses intonations américaines sont un cadeau. Il chante soudain et de façon si classique et remarquable que c’est une des raisons pour lesquelles Costa-Gavras l’a choisi sans hésitation pour être son banquier dans ‘Le Capital’ ; notez aussi qu’il ressemble physiquement de manière très troublante à Söderberg. Quant à Sonia Efraimson elle est la jumelle de cette femme qu’il aima tant. Cette pièce qui vient d’enthousiasmer le public d’Avignon-Off en juillet 2013 se donne à la Manufacture des Abbesses jusqu’au 27 octobre.
Manufacture des Abbesses, 7 rue Véron, les jeudi, vendredi, samedi à 21 heures, dimanche à 17 heures. Réservations au 01 42 33 42 03 ou sur www.manufacturedesabbesses.com