23 octobre 2013

"Yes, peut-être" de Marguerite Duras

Mise en scène Laurence Février. Avec Laurence Février, Côme Lesage, Martine Logier.
Un espace du genre salle d’attente mais où on attend quoi ? Rien aux murs, ni chaises ou tabourets, seul un grand lit qui n’est qu’une accumulation de matelas blancs ; deux femmes : une brune, une blonde portant des blouses d’infirmières, et un homme en pantalon, sexy et torse nu, qui, allongé, ira se cogner contre les murs et debout débitera des incohérences. On ne connaît que trop cette partition que les critiques et adorateurs de Duras ont qualifiée de conte philosophique et comique où l’auteur jongle avec les mots : il y est surtout question de guerre(s) ; le reste serait littérature. Mais des aboiements réguliers, tels ceux de votre chien-chien quand il entend les voisins monter ou descendre l’escalier de votre immeuble. Donc des « Yes » genre jappements que vous seriez incapables de compter (cela vaut peut-être mieux) que la comédienne, metteur en scène et personnage principal, vous bombarde toutes les combien de minutes déjà ? Vous vous dites : pourquoi ne pas avoir également programmé des « ya » tudesques, et... et puis vous ne vous dites plus rien, ou plutôt que Madame Février vous a concocté un canular : « ouaf-ouaf ! ». Les deux comédiennes ressemblent à des caissières de supermarchés aspirant à la retraite, bourrées de dettes, mais dont les filles sont quand même institutrices. A propos qu’est-ce qu’on a ce soir pour le dîner en rentrant du théâtre ?
Théâtre Lucernaire, du mardi au samedi à 20 heures, dimanche à 15 heures. Jusqu’au 8 décembre. Réservations : 01 45 44 57 34.