11 novembre 2013

Ravel, de Jean Echenoz

Mise en scène Anne-Marie Lazarini, avec Coco Felgeirolles, Michel Ouimet, Marc Schapira et Andy Emler ou Yvan Robillard.
Echenoz a choisi de nous faire revivre la fin de l’existence d’un compositeur brillantissime et rare, mais homme aussi singulier que touchant. Anne-Marie Lazarini est tombée sous le charme de ce roman qu’elle met en scène. Le résultat est si étonnant que cette pièce a récemment obtenu le prix du syndicat de la critique ainsi que celui du meilleur compositeur de musique de scène attribué à Andy Emler. Les comédiens habitent leur texte, ils sont généreux et fascinants comme le sont le décor avec pléthore d’accessoires, la scénographie, la mise en scène astucieuse et regorgeant de trouvailles. Un plateau plus qu’encombré : on dirait un magasin d’antiquaire avec ce petits bassin d’où jaillit parfois de l’eau, et cet autre où Ravel s’assied qui ressemble à un recoin ou une baignoire d’enfant, un paquebot miniature évoquant celui emprunté par Ravel pour gagner l’Amérique, une statue de la Liberté archi-stylisée, et surtout des chaises, des divans, des fauteuils, le tout dans une ambiance bleue pastel. A cour, un piano à queue et ce musicien à la présence réconfortante qui fait tout décoller et convie un Ravel vieillissant mais qui continue à naître de la musique qu’il nous transmet. De canapé en chaise longue, il finit par s’effondrer. Nous restons sidérés et pleins d‘admiration pour le comédien également rigoureux qui incarne le musicien-compositeur ainsi que son partenaire et la dame qui veille sur lui. La critique élogieuse est unanime.
Théâtre Artistic Athévains, jusqu’au 31 décembre, dates et réservations : 01 43 56 38 32.