06 novembre 2013

Une sorte d’Alaska, d’Harold Pinter

Mise en scène Ulysse Di Gregorio, avec Dorothée Deblaton, Grégoire Pallardy, Marinelly Vaslon.
L’Alaska est cette partie extrême-septentrionale des Etats-Unis qui fut russe et se réveilla américaine ; et la jeune femme qui vient de passer seize ans plongée dans l’inconscience étendue dans un lit genre d’hôpital se réveille lentement et doit réapprendre qui elle est et ce qu’elle est devenue. Ce qu’elle se met à raconter est incohérent d’abord. Le médecin debout à son chevet et qui la veille presque tendrement la laisse dire. Est-elle devenue adulte quand elle émerge de son coma ? Elle est assise dans le lit puis se lève et fait quelques pas sur la scène et cela devient le second acte de cette pièce déménageante et qui n’en comporte qu’un en fait. Mais dans la salle nous sommes sous le charme de la comédienne et fascinés par ce qu’elle dit, le temps n’a plus de contenu. Sur l’une des chaises en fer est venue s’asseoir une jeune femme calme qui n’est autres que la sœur de Déborah et l’épouse du docteur-confident malgré lui. La pièce dure 70 minutes ponctuées de silences et pas un instant nous ne décrochons. La fin ? Peu importe : une vraie pièce n’a pas besoin de fin, et nous autres spectateurs sortons de là bouleversés : tout a été remis en question. Merci à Ulysse Di Gregorio et à ses camarades qui ont emmené ce spectacle de l’étonnant Aktéon au Théâtre des Déchargeurs, dont nous voulons redire tout le bien que nous pensons de la programmation.
Théâtre des Déchargeurs, salle Vicky Messica, le lundi à 21h30. Réservations : 01 42 36 00 50.