06 décembre 2013

Frida Khalo attention peinture fraîche

Ecrit, mis en scène et joué par Lupe Velez avec Damien Dos Santos.
Avec un micro (caché ?) allez au Quartier Latin par exemple et questionnez les passants : « Frida Kahlo qu’est-ce que ce nom évoque pour vous ?» Vous risquez gros, du genre : «ben-heu… » Mais encore : « Non, pitié ! » Parce que la personne interrogée a encore en mémoire des films et des articles dans des revues haut de gamme où paradent des psycho-plus-que quelque chose. N’ayez rien en mémoire à votre arrivée au Déjazet où vous allez découvrir une prestidigitatrice : la comédienne Lupe Velez et son délicieux partenaire Damien Dos Santos, qui officie en douce, mais sans lequel rien ne serait possible, à commencer par cette mise en scène et cette autre en espace, toutes deux pharamineuses avec trouvailles toutes les secondes. Pourtant vous allez souvent au théâtre et vous croyez avoir tout vu et tout compris. Vous ne pouviez envisager que sur les planches débarque cette femme qui va faire tout basculer. Vous sortirez en vous épongeant le front : parce que Frida c’est d’abord et enfin : « Viva la vida ! ». Même si mademoiselle Khalo a vu la sienne raccourcie, amputée, malmenée, et ses talents déniés, reniés, niés. La révolte que provoquent les mutilations d’un corps devenu purgatoire, transcende un enfer où il ne basculera jamais. Soit l’amour d’un mari faillible ou infidèle autant que le sera sa moitié qui n’aura pas pu lui donner d’héritier et l’abandonnera pour se retrouver très vite auprès de lui qui compte pour elle plus que tout. Peinture fraiche : vous n’aviez pas vraiment compris pourquoi ce sous-titre était un surtitre et pourquoi l’affiche montre Frida seins nus entre fers et enfers mais dont le bas du corps est recouvert d’un tendre tissu blanc enroulé pour que des mystères qui n’en sont pas deviennent merveilleux. Nous n’allons pas vous redire combien nous avons admiré et adoré ce spectacle et combien nous sommes reconnaissants à Jean Bouquin, patron du Déjazet, de nous l’offrir pour la quatrième fois. N’attendez pas la cinquième.
Théâtre Déjazet, du mardi au samedi à 20 heures, jusqu’au 13 janvier 2014 ; matinée : samedi et dimanche à 15 heures. Réservations : 01 48 87 42 55.