30 juillet 2013

Tailleur pour dames, de Georges Feydeau

Mise en scène : Bernard Lefebvre et Hélène Robin
Avec : Gérard Cheylus, Joëlle Champeyroux, Lucien Czarnecki, Antoinette Guédy, Bernard Lefebvre, Jean Marzouk, Christine Melcer, Frédéric Morel, Hélène Robin, Dominique Vasserot.
La salle Economidès héberge le tailleur, ses amis de toujours et leurs dames (muses respectives ou communes ou même…), la belle-mère plantureuse cette bavarde empoisonneuse, le domestique raisonneur pas vraiment bienveillant, bref les dix personnages d’un bon vaudeville. Et c’est très bien ainsi car avec ses recoins, son arrière-scène qui n’en finit pas et d’où l’on peut hurler avant de paraître et encore son escalier latéral qui dévale à la cave, on a tous les lieux nécessaires pour une aventure vaudevillesque avec portes qui claqueront. Le « metteur » a aussi voulu un paravent derrière lequel on peut faire mine de se dissimuler - ma chère ! - et l’une des comédiennes apparaît accompagnée d’un petit chienchien, parfait cabotin, bien sûr. Le manège tourne, les messieurs qui s’enquiquinent avec leurs - plus ou moins- charmantes moitiés peuvent fantasmer et lorgner la jeune beauté d’en face, le faux tailleur faire mine de se souvenir qu’il est un vrai en nous dédiant des tas de clins d’yeux. Et le comédien désopilant qui joue la belle-doche (Lucien Czarnecki) peut nous faire hoqueter de rire. Tous sont en costumes gracieux et élégants, les dames surmontées de chapeaux qu’elles dégrafent très habilement. Changements de décors astucieux et rapides : le paravent a subitement traversé le plateau. Les lumières sont bien dosées, les comédiens sont habités : donc une équipe solide, avec beaucoup de ténors. Grâce à elle le Nord-Ouest est une fois de plus à son zénith. Allez découvrir cette pièce « d’été » donnée en alternance jusqu’en octobre, de sorte que vous pourrez la revoir avec vos amis.
Théâtre du Nord-Ouest : 01 47 70 32 75. Programme et réservation : www.theatredunordouest.com

28 juillet 2013

Histoire d’un merle blanc, d’Alfred de Musset

Mise en scène d’Anne Bourgeois
Avec Stéphanie Tesson
Lumières : Philippe Matthieu
Stéphanie Tesson jongle avec ses nombreux talents ; c’est une fonceuse, voyez comment elle vient systématiquement à bout du haut tabouret unique accessoire qu’elle utilise sur la scène de ce Théâtre « de poche » où elle nous met aussitôt dans la sienne, Musset itou. Son merle rare est évidemment un prétexte moqueur plus qu’un alter ego de l’auteur aux yeux clairs et à la barbe soignée des portraits bien connus de lui qu’on aime. Elle l’a récupéré il y a longtemps et se permet de lui faire de jolis pieds de nez. Soit une histoire d’amour aussi classique que ‘romantique’ : un merle et sa merlette qui n’apparaitra qu’à la toute fin. Entretemps Stéphanie éructe, roule et roule par terre, recommence, perd les poils qui collaient à son costume de scène archi-blanc. Elle joue toutes sortes de personnages parfois avec des intonations parfaitement shakespeariennes : on est sous le joug… et puis tout carambole. Ce spectacle a été créé dans le mythique Théâtre du Nord-Ouest (alias T.N.O.) il y a treize ans (treize … vous auriez dit superstition ?) joué plus de trois cents fois dans autant d’écoles que de jardins. Vous aussi en sortirez ébouriffés et aurez du mal à tout raconter aux copains. Mais vous les aurez engagés à retourner au Théâtre De Poche (T.D.P.) dont la programmation est charmeuse et où on est tellement bien accueilli. Etre bien accueilli dans un théâtre est essentiel, n’est-ce pas ?
C’était au Petit Théâtre de Poche-Montparnasse, 75 boulevard du Montparnasse à Paris. (01 45 44 50 21). Nous vous signalerons où et quand seront les reprises.

23 juillet 2013

Les trente-neuf marches

Avez-vous vraiment envie de revoir ce film culte et mythique sous prétexte que sa version théâtrale se donne cet été dans un étonnant théâtre montmartrois au Nord de la butte, là où tout ce qui est « bo-bo » plus bas, est ici banni ? La réponse sera évidemment non parce que dans ce 18ème Nord, au Théâtre des Béliers - qui fut un endroit de cours de théâtre où d’excellents professeurs ont formé des comédiens maintenant reconnus et qui osent l’avouer – se donne précisément cette version théâtrale hors du commun qu’il ne faut manquer sous aucun prétexte : les « trente-neuf marches », aux Béliers, c’est un ravissement. Des comédiens tous plus performants les uns que les autres investissent des rôles catapultueux, et on ne les reconnaitra même pas aux saluts parce qu’on sera bien en peine de savoir qui est qui et qui a fait quoi. Ils ont été trente-cinq personnages, avec accessoires et costumes, alors qu’on ne comptait que quatre interprètes, tous habités. A l’écran c’est un polar, sur scène c’est du grand art.
Théâtre des Béliers Parisiens, du mardi au samedi à 21h. Réservations : 01 42 23 27 67. theatresdesbeliersparisiens.com

Alain Bernard Piano rigoletto

Texte d’Alain Bernard, Jean-Claude Islert, Pascal Légitimus.
Vous connaissez certainement des amoureux de théâtre qui disent « Les one-man show - pardon les seul-en-scène - je trouve qu’il y en a de plus en plus, et même qu’il y en a trop ; bien sûr ils coûtent moins cher que… et puis… mais un seul personnage sur les planches, ce n’est pas vraiment du théâtre, n’est-ce pas ? » Vous souriez plein de compassion et vous vous dites in petto : « Evidemment cette personne n’est pas forcément une grincheuse, mais elle n’a certainement pas entendu parler de ce que propose cet été Alain Bernard dans la capitale après avoir enchanté Avignon-off l’été dernier et la France entière. Alain Bernard entre son piano et son Casio joue le professeur qui veut faire aimer la musique à sa marmaille d’élèves ou futurs élèves. Il s’en tire à merveille, connait bien la musique qu’il joue divinement. Il nous regarde dans les yeux tout en maniant ses instruments dont on voit combien il les aime. En plus il est drôle : avec humour et autodérision parfaitement maniés et maîtrisés. On rit et on est heureux. Que du bonheur !
Théâtre Les Déchargeurs, vendredi et samedi à 19h30, jusqu’au 28 septembre 2013. Réservations : 01 42 36 00 50.

01 juillet 2013

Faites comme chez vous !!!

Une comédie de Jean Barbier, mise en scène d’Eric Henon assisté par Magali Faure.
Avec Pascal Sellem, Vannick Le Poulain, Emanuelle Galabru, Idriss, Fanny Guillot, Simon Boinnard, Yvon Carpier.
Soit le Théâtre Daunou qui depuis des générations accueille les Parisiens et les autres montés à ‘la capitale’ sachant qu’ils y seront mieux que bien reçus et que ses rideaux de scène superbement bleus font un pied de nez à ceux, rutilants et sanglants, des théâtres ‘normaux’. Donc un vaudeville : un tel aime une telle, laquelle forcément aime un ou une autre telle, lequel et laquelle fricotent avec… De grâce ne nous dites pas : « mettez-les là, on va les trier ». Calez-vous dans votre fauteuil comme vous le faites chez vous dans votre canapé et attendez la suite. Elle viendra dans l’ordre d’un désordre désopilant, avec ouvertures, fermetures et claquages de portes, entrées et sorties des personnages qu’on n’attendait pas et qui ne devraient surtout pas se rencontrer. Trois hommes embarrassés, embarrassants dont l’aimable humoriste Pascal Sellem dont on connaît le punch, trois femmes séduites et séductrices, dont l’une très jeune et hyper-sensible larmoie fort joliment : forcément elle est perturbée car porteuse d’un ou d’une chose qu’elle a mise en route avec son petit ami. La distribution incluant Vannick Le Poulain nièce de l’excellent qui-vous-savez et Emmanuelle Galabru, fille de cet autre excellent qui-vous-savez est portée à bout de bras par Idriss : dense, drolatique, aux sourire et rire contagieux et à la présence redoutable ; il est le dernier à intervenir sur scène, costumé en…on ne vous le dira pas vraiment, mais peut-être vient-il aussi de cuisiner quelque… dindon. L’équipe n’a pas pris de risques. Allez  vous-mêmes au Daunou déguster tout cela, également sans risque mais avec plaisir.
Théâtre Daunou, du mercredi au samedi à 21 heures, matinée le dimanche à 15 heures 30. Réservations : 01 42 61 69 14.