24 octobre 2013

Jean Martin ou la vie normale, de Benjamin Bellecour et Pierre Antoine Durand

Avec Clément Auber, Jacques Bourgaux, Anne Mihalcea, Arnaud Pfeifer, et la voix de Philippe Laudenbach.
Vous portez un nom dit ‘de famille’ peu franchouillard et rêvez de vous appeler tout simplement Dupont, Durand, voire Martin. Normal pour cet Amine, charmant Serbe débarqué en France où il rêve de vivre, et de faire carrière (mais dans quoi ?), du moins c’est ce qu’il croit et nous fait croire. Mais il faudra d’abord qu’il se débarrasse de son accent exotique, envisage une routine, et aussi qu’il mette de côté ses souvenirs ; bref qu’il se normalise. Le départ de la pièce est réjouissant, son rythme séduisant, les comédiens fascinants. Les gens qu’il rencontre sont des «originaux», tel cet homme qui rêve de l’Inde et s’y croit peut-être, et cette jeune femme séduisante, pour laquelle... mais n’anticipons pas. La toute fin n’arrivera qu’après des péripéties loufoques, allant dans tous les sens mais vous faisant rire, tandis que les comédiens évoluent sur une scène où s’entassent et se font déménager des coffres. Zappons, tant les épisodes sont cocasses ou inracontables. Vous rêviez d’une fin souhaitable : hmmm… La jeune dame est très enceinte mais elle n’est plus vraiment folle du futur père de son rejeton (rejetonne), et le Serbe a perdu son accent mais gagné quoi ? Vous pensez queue de poisson : voire !  car il arrive qu’il y ait des petits oiseaux dont les ‘cui-cui’ forcément adressés au ciel et à ses habitants vous font sortir du théâtre en sifflotant. Et puis la compagnie qui présente ce spectacle se nomme « Mise en capsule », alors…
Ciné XIII Théâtre, du mercredi au samedi à 21 h30, location : 01 42 54 15 12.

23 octobre 2013

"Yes, peut-être" de Marguerite Duras

Mise en scène Laurence Février. Avec Laurence Février, Côme Lesage, Martine Logier.
Un espace du genre salle d’attente mais où on attend quoi ? Rien aux murs, ni chaises ou tabourets, seul un grand lit qui n’est qu’une accumulation de matelas blancs ; deux femmes : une brune, une blonde portant des blouses d’infirmières, et un homme en pantalon, sexy et torse nu, qui, allongé, ira se cogner contre les murs et debout débitera des incohérences. On ne connaît que trop cette partition que les critiques et adorateurs de Duras ont qualifiée de conte philosophique et comique où l’auteur jongle avec les mots : il y est surtout question de guerre(s) ; le reste serait littérature. Mais des aboiements réguliers, tels ceux de votre chien-chien quand il entend les voisins monter ou descendre l’escalier de votre immeuble. Donc des « Yes » genre jappements que vous seriez incapables de compter (cela vaut peut-être mieux) que la comédienne, metteur en scène et personnage principal, vous bombarde toutes les combien de minutes déjà ? Vous vous dites : pourquoi ne pas avoir également programmé des « ya » tudesques, et... et puis vous ne vous dites plus rien, ou plutôt que Madame Février vous a concocté un canular : « ouaf-ouaf ! ». Les deux comédiennes ressemblent à des caissières de supermarchés aspirant à la retraite, bourrées de dettes, mais dont les filles sont quand même institutrices. A propos qu’est-ce qu’on a ce soir pour le dîner en rentrant du théâtre ?
Théâtre Lucernaire, du mardi au samedi à 20 heures, dimanche à 15 heures. Jusqu’au 8 décembre. Réservations : 01 45 44 57 34.

21 octobre 2013

En attendant Godot, de Samuel Beckett

Mise en scène de Jean-Claude Sachot, avec Philippe Catoire, Jean-Jacques Nervost, Alain Prétin ou Dominique Ratonat, Vincent Violette.
Vous avez lu le titre de la nouvelle saison du Théâtre du Nord-Ouest « Les grands chefs d’œuvre du théâtre » ; aussitôt vous avez pensé : Samuel Beckett, donc « En attendant Godot » et aussi « Fin de Parie ». Vous avez repéré que cette Fin-là se donnera dans le cycle débutant à la fin du mois d’octobre et que le metteur en scène est également Jean-Claude Sachot. Nous sommes impatients de découvrir cette « fin ». Le Godot est remarquablement mis en espace et en scène ; il est interprété si magistralement que toutes sortes de superlatifs ne suffiraient pas à rendre compte de ce que vous avez pensé mais surtout éprouvé cette soirée-là. Et d’abord dans la grande salle Laborey plus qu’habilement habitée et éclairée. Le comédiens font parfaitement entendre ce texte qui ne cesse de nous déménager, même si vous avez l’impression de le connaître depuis vos années de lycée, depuis cette classe de philosophie dite aujourd’hui terminale ? Bien sûr le spectacle est un peu long et on revient souvent à la case départ, mais n’est-ce pas cela l’existence finalement ? N’attendez pas un instant avant de programmer Godot et d’y emmener ceux que vous aimez. Ils aimeront.
Théâtre du Nord-Ouest, les 23, 26 et 27 octobre à 20h45. En attendant la suite… mais vous, n’attendez pas ! Programme et réservation : 01 47 70 32 75.

15 octobre 2013

Fureur, de Victor Haïm

Avec Benjamin Bollen, mise en scène de Stéphanie Wurz
L’auteur a créé sa pièce en 2011 au mythique Petit Hébertot et son 'benjamin', jeune comédien étonnant la reprend à cet épatant Essaïon. Sa silhouette, son regard, sa gestuelle et le fait qu’il ait été choisi par Steven Spielberg pour être la voix française de Tintin au cinéma vous séduiront. Il a besoin d’une fameuse perruque pour ressembler à ce chef d’orchestre d’âge mur, patron casse-pieds et machiste qui vient de se faire désavouer par ses musiciens, parce que place aux jeunes et retraite pour les autres, allez ouste ! Fureur… non, il n’est surtout pas question d’un certain Adolf, mais Victor nous propose un texte plus que vengeur sur fond de répétition de la Symphonie pastorale de Ludwig. C’est jubilatoire.
Théâtre Essaïon les lundis à 19h30 jusqu’au 17 mars 2014, réservations : 01 42 78 46 42.

11 octobre 2013

Blanche-Neige et les sept nains - le spectacle musical de Guy Grimberg

Adaptation de Julie Manoukian
Musique : André Manoukian, chorégraphie : John Nus, décor et costumes : Guy Grimberg, lumière  : Rémy Nocollet, son : Virgile Hilaire, animations vidéo : Renaud Chabrier et Pascal Minet, coach vocal: Patrick Samuel.
Cela se donne rue de la Gaité la si bien nommée car au sortir de ce théâtre-ci une vraie joie est là : voyez les frimousses de ces poussins et poussines qui ont court-circuité une séquence-télé, cette vraie- fausse nounou qui les intoxique depuis…. L’après-midi où nous y avons découvert cette petite merveille, la salle était pleine (900 places) et les applaudissements enthousiastes justifiés. Les décors, les costumes, les musiques, le rythme de toute l’affaire, sa chorégraphie, les animations vidéos poétiques et oniriques : il nous faudrait tant de superlatifs… Renonçons : ils confisqueraient les souvenirs et la neige qui guette nos montagnes ce début d’automne serait grise et nous autres dégrisés. Mais cette Blanche-Neige n’est pas une blanchisseuse, sa servante n’est pas un personnage secondaire, les messieurs que la jeune femme de neige embrasse et qui la feront renaître après que la pomme empoisonnée de sa belle-mère l’aura supprimée sont superbement sexy. Ses sept copains-nains dansent, jouent des instruments pétaradants. La reine, cette rouée, est en robe d’un rouge-sang style flamme satanique. Le miroir central devant lequel elle se réfugie est habité par l’énorme visage d’un homme qui lui redit qu’elle n’est pas la plus belle femme au monde. Et c’est reparti pour plusieurs tours. Les gamins et gamines fascinés rêvent : cela s’entend presque, et nous autres aussi, peut-être plus encore. Préparez-vous à décoller avec vos loupiots. Et champagne chère équipe Grimberg.
Bobino, les samedis et tous les jours de vacances scolaires à 14 heures. Réservations sur www.bobino.fr ou 08 2000 9000.

07 octobre 2013

Ferré Ferrat Farré

Textes et chansons de Léo Ferré, Jean Ferrat, Jean-Paul Farré.
Mise en scène de Ghislaine Lenoir ; arrangement musical : Isabelle Zanotti, avec Jean-Paul Farré et les musiciens Florence Hennequin, Benoît Urbain, Clément Lopez.
Votre affection pour les mots truffés de ‘f’ ? Face à Léo, Jean, Jean-Paul, Benoît et Florence vous vous effondrerez dans vos fauteuils tant leur spectacle, cette féérie farcesque et funambulesque, est en fait tout en finesse. Faites-vite, la fin de F.F.F. est fixée au 13 octobre. Mais foin de chiffres fatidiques, il faudra forcément que cette fine équipe re-fonctionne. Un fan de la Comédie Française persifflait : « Pfffeu ! Voilà qui flaire le fourre-tout ». Il vous a fait pouffer car vous aimez la Fantaisie Française. Un certain président Flamby et une fraction de sa faune manqueraient donc de flair ? Farré avec son regard de koala, animal farceur mais toujours flashé face caméra vous fascinera et itou ses comédiens fabuleux qui font partie de son univers : sa famille pharamineuse, n’est-ce pas ?
Vingtième Théâtre, à 19 heures du mercredi au samedi, dimanche à 15 heures. Réservations : 01 48 65 97 90.

01 octobre 2013

Nana, d’après Zola

Adaptation, mise en scène et interprétation : Céline Cohen et Régis Goudot ; régie, son et lumière : Stanislas Michalski ; création lumière : Philippe Ferreira ; décor et accessoires : Sha Presseq.
Performance : faire d’un roman de 300 pages un spectacle d’une heure dix dont vous sortirez comblés par ce qu’en a fait ce couple de comédiens musiciens chanteurs. C’est un hommage au romancier, à la littérature, bien que cette version fabriquée pour une petite scène décolle comme un avion du genre 'jet' pour atterrir mélodramatiquement. Un certain Émile dans sa tombe doit se retourner de joie, leur dédiant une note optimale. Qu’il nous pardonne d’avouer que nous en faisons autant dans cette salle du Lucernaire où le plateau est couvert d’une douzaine de tapis précieux à la dominante toute aussi rouge que l’est le canapé où toutes sortes d’ébats archi-érotiques vont vous séduire. Ils sont voulus par une « nana » conduisant ses amants par le bout du… Serait-ce de bon goût de vous redire la saga d’Anne Coupeau, mère à 16 ans d’un petit Louiset qui sera la cause de sa mort-à elle puisqu’il l’a contaminée: maladie honteuse. Soit une avalanche d’amants-clients aussi prestigieux que célèbres mais parfois très 'coincés' (doux Jésus !) de cette grande prêtresse-maîtresse des sexes. Céline Cohen arbore un sourire ravageur en permanence, Régis Goudot incarne ses innombrables partenaires, hommes plus ou moins nobles ou même étrangers qui rêvent d’elle et auxquels elle fera tant de bien : voyez caleçons et ce qui peut fricoter dedans. Mais côté âme ? Céline joue de l’accordéon et tous deux chantent tendrement et divinement, alors ?
Au Lucernaire, du mardi au samedi à 21 heures 30, dimanche à 17 heures. Réservations : 01 57 34 45 44.