24 janvier 2014

La femme silencieuse, de Monique Esther Rotenberg

Mise en scène de Pascal Elso
Avec Olivia Algazi, Corine Jaber et Pierre-Arnaud Juin
Quelle bénédiction que la reprise de cette pièce au Petit Hébertot où elle a été présentée en 2011, surtout en cette saison où tant de boulevarderies ayant pour personnages des couples «en crise» et trichant avec tout, se carambolent dans tant de théâtres. Stefan Zweig, philosophe inquiet parce que visionnaire qui pense trop intensément et trop vite, a décidé que pour survivre il lui fallait franchir une mer pour rejoindre un pays où il pourrait écrire quelque chose de remarquable à propos de cette Marie Stuart qu’il admire. C’était une femme véritablement libre destinée à devenir la victime d’une rivale cruelle qui la fera décapiter. Stefan a embauché une jeune et plus que jolie secrétaire qu’il fascine - c’est vite réciproque - et qui tape à la machine genre rafales de kalachnikov, pour se montrer à sa hauteur et mieux encore. Arrive ce qui devait arriver, soit l’épouse de Stefan qui a traversé l’Europe pour découvrir cette seconde dame. Il y aura alliance entre elles parce que c’est indispensable et que l’homme qu’elles aiment et admirent ne peut être que LUI. La suite ? Stefan s’embarque vers un nouveau continent, mais en compagnie de laquelle des deux dames ? Il n’y fera pas de vieux os. Durant toute la pièce on jubile : décors avec meubles modestes mais parlants, lumières si justes, déplacements irréprochables des comédiens, leur présence charnelle, leur gestuelle minutieuse et généreuse. Aucun falbala. Merci encore à toute l’équipe.
Théâtre du Petit Hébertot du mercredi au vendredi à 20 heures, le dimanche à 15 heures. Téléphone: 01 42 93 13 04.